• Fillon fait du RSA la réforme phare de la rentrée

    De nos envoyés spéciaux à Royan, Jean-Baptiste Garat et Judith Waintraub
    08/09/2008 | Mise à jour : 06:41 |
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    Jean-Pierre Raffarin, François Fillon, Patrick Devedjian et Xavier Bertrand dimanche à Royan, main dans la main pendant le campus de l'UMP.
    Jean-Pierre Raffarin, François Fillon, Patrick Devedjian et Xavier Bertrand dimanche à Royan, main dans la main pendant le campus de l'UMP.

    Mettant en sourdine leurs doutes sur le RSA, les leaders de l'UMP ont réussi leur démonstration d'unité.

    La troisième voie, version Fillon. Le premier ministre a pris soin de ne fâcher personne, dimanche, dans son discours de clôture de l'université de Royan. «Entre le capitalisme sans foi ni loi, et le dirigisme socialiste, il existe un large champ politique que nous investissons sans complexes, avec pour seul but de replacer la France sur le chemin du progrès», a-t-il proclamé, en affirmant : «Le RSA, c'est le symbole d'une politique qui réconcilie l'efficacité économique et la justice sociale.»

    Le premier ministre a donc enjoint les militants UMP de faire du RSA «un étendard». D'ailleurs, a-t-il expliqué, la contribution de 1,1 % sur les revenus du capital n'est pas «une entorse à notre politique de maîtrise globale des prélèvements obligatoires», mais un «investissement» dans le cadre d'une «politique en faveur du travail».

    Le chef du gouvernement n'a pas renoué avec le registre du soutien critique à Nicolas Sarkozy qui lui avait valu les acclamations des parlementaires, aux journées de l'an dernier. Au contraire : comme tous les intervenants du week-end, il a collé au président, vrai héros de la fête bien qu'absent.

    «La tradition des grandes réformes sociales »

    Les Jeunes Pop n'étaient pourtant pas conquis d'avance par le RSA et son financement. Martin Hirsch l'a compris samedi soir, lors de son «chat». Toutes les questions recelaient une part de doute : «Le RSA n'est-il pas un encouragement au mi-temps plutôt qu'une incitation à retrouver un travail à temps complet ?» ; «Pourquoi finance-t-on une fois de plus une mesure sociale par un nouvel impôt ?»

    Le haut-commissaire aux Solidarités a expliqué que «se servir de la PPE (prime pour l'emploi) aurait été prendre dans une poche ce qu'on va mettre dans l'autre». Il a promis que la PPE serait «préservée dans son intégrité». Martin Hirsch a aussi affirmé que le temps partiel était souvent «subi», et qu'il fallait «mettre un peu la pression sur les chefs d'entreprise plutôt qu'en rajouter sur le salarié» pour éviter un effet d'aubaine qui provoquerait une multiplication des emplois précaires.

    L'accueil a été mitigé, si bien qu'Éric Woerth et Xavier Bertrand ont volé au secours de l'orateur. Le ministre du Budget a mis les rieurs de son côté en les appelant à accepter le RSA avec son financement : «Moi, quand j'aime quelqu'un, je l'aime avec ses qualités et avec ses défauts. C'est pour cela que je n'aime pas grand monde… Non, je plaisante !» Le ministre du Travail a transporté l'auditoire en célébrant une mesure «qui va permettre à la droite de renouer avec sa tradition des grandes réformes sociales». Patrick Devedjian a profité de l'ovation qui a suivi pour s'éclipser précipitamment avant qu'on lui tende le micro. Il avait «un coup de fil urgent».

    Chez les aînés, la grogne contre le RSA a perduré, alimentée par des sondages inquiétants. Jean-François Copé, qui se range lui-même «dans le camp des faiblement enthousiastes», s'est néanmoins dit «confiant» : «On le votera !» Jean-Pierre Raffarin a renvoyé les questions «au débat parlementaire», pour que rien ne vienne compromettre la sacro-sainte unité de l'UMP. Une unité dont Patrick Devedjian a largement profité : les hommages qui lui ont été rendus ont été à la hauteur des critiques dont son camp l'abreuve depuis des mois. Après s'être montré avec Sarkozy fils, il s'est d'ailleurs fait un plaisir d'annoncer à la tribune que Sarkozy père l'avait appelé «encore hier soir» pour qu'il transmette un message aux jeunes : «Dis-leur bien combien ils me manquent !» Ce qui lui a valu, à lui aussi, une ovation.

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