
Redonner du sens à l'action du gouvernement en matière économique. Invitée du «Grand Jury» RTL-Le Figaro-LCI, la ministre de l'Économie, Christine Lagarde, a rappelé quels étaient ses deux grands objectifs : «améliorer le marché de l'emploi et garantir le bon fonctionnement de notre économie au service du pouvoir d'achat de nos concitoyens et de la compétitivité de nos entreprises». Une prise de hauteur qui lui permet de s'extraire des difficultés conjoncturelles. «Le troisième trimestre ne sera pas bon et il est mathématiquement impossible que l'on atteigne 1,7 % sur l'ensemble de l'année», reconnaît la ministre. Dans ces conditions, «on sera sans doute autour de 1 %. de croissance en 2008», estime-t-elle, rejoignant en cela les prévisions du premier ministre. L'horizon reste bouché «il ne faut pas se voiler la face, on finira 2008 avec un troisième et quatrième trimestres assez faibles», ce qui ne donnera pas beaucoup d'acquis de croissance en début d'année prochaine. «On finira l'année 2009 mieux qu'on ne la commencera», en conclut Christine Lagarde. Pas question, pour autant, de retoucher aux prévisions de déficit. La ministre des finances est catégorique : «on ne sera pas à 3 % de déficit public en 2008». Et la France «fera tout son possible pour tenir l'objectif d'équilibre des finances publiques en 2012».
Christine Lagarde a défendu, à son tour, le projet de création d'une taxe de 1,1 % sur les revenus du capital pour financer le 1,5 milliard manquant à la généralisation du RSA. «Dans la mesure où ce système ramènera ceux qui sont éloignés du marché de l'emploi on a tous un impératif de solidarité», estime Christine Lagarde. Un impératif que ses services chiffrent à «deux euros par mois et par ménage». Quant à la polémique sur le fait que ce sont les classes moyennes qui payeront le RSA, elle s'en défend : «la moitié de ce 1,5 milliard sera financé par 5 % des contribuables les plus aisés», calcule Bercy. Un calcul étonnant, dans la mesure où parallèlement Christine Lagarde a confirmé que cette taxe serait incluse dans le bouclier fiscal.
Prudente sur les autres sujets fiscaux, Christine Lagarde a simplement confirmé que la prime de transport envisagée par le gouvernement se ferait sur la base du volontariat pour les entreprises. «Les arbitrages ne sont pas encore rendus, car le premier ministre a donné aux partenaires sociaux jusqu'au 15 septembre pour faire des propositions, mais l'idée que nous avons est bien d'étendre le régime actuel existant en Ile-de-France où les entreprises prennent en charge la moitié de l'abonnement au transport en commun exonéré de charges.» Et pour les salariés ne pouvant aller travailler avec les transports en commun, le gouvernement veut pousser les employeurs à «une prise en charge forfaitaire sur la base du volontariat, elle aussi exonérée de charge».
La ministre de l'Économie n'est pas venue avec sa besace vide. Elle a annoncé que la prime à la cuve serait portée à 200 euros, et concernera tous les foyers modestes ayant eu une facture de remplissage entre le 1er juillet 2008 et le 31 mars 2009.
Quelques jours avant de présider un Ecofin informel à Nice, Christine Lagarde a rappelé son intention de convaincre les pays européens d'accentuer le rôle de la Banque européenne d'investissement dans le financement des PME. «Nous devons faire un small business act européen», assure-t-elle. S'agissant de la BCE «il faut qu'on restaure les conditions de la croissance et qu'on évite toute spirale inflationniste : Jean-Claude Trichet doit entendre nos préoccupations et celles de nos entreprises».
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