
Des sifflets lors de l'échauffement, des huées si son équipe n'emballe pas le match d'entrée : les Bleus sont prévenus. Le public du Stade de France n'a toujours pas digéré la déception de l'Euro et le fera certainement savoir après-demain contre la Serbie. D'autant que la déroute en Autriche (1-3), samedi, a creusé un peu plus le fossé entre les supporteurs et leurs favoris. C'est dans ce contexte difficile que l'équipe de France devra présenter un autre visage que celui proposé contre la Wunderteam. La seule solution pour battre la Serbie et se relancer dans la course à la qualification pour le Mondial 2010.
Faire preuve d'humilité. Est-ce parce qu'ils étaient encore sous le coup de cette humiliante défaite à Vienne ? En tout cas, dimanche, à Clairefontaine, les deux joueurs venus en conférence de presse ont fait preuve d'un manque de lucidité qui confinait à de la suffisance. À l'image du défenseur central Philippe Mexès : «J'ai trouvé une belle équipe de France qui a produit du jeu, qui n'a pas été mise en danger par les Autrichiens sauf sur des coups de pied arrêtés.» Ou du gardien Steve Mandanda : «Face à la Serbie, il n'y a pas grand-chose à changer. J'ai été très peu sollicité.» S'ils veulent avoir une chance face aux Serbes, les Français doivent d'abord prendre conscience qu'ils sont passés à côté de leur sujet en Autriche et ne pas sombrer dans une autosatisfaction hors de propos.
Gagner les duels. Les Bleus ont semblé l'oublier samedi : le football est un sport d'engagement où il faut aller au combat et s'imposer physiquement. Ce n'est pas un hasard si tous les contres ou presque ont été en faveur des Autrichiens. Pas un hasard non plus si les Français, dépassés physiquement, ont commis beaucoup de fautes. Certes, la Serbie est une équipe qui fait mieux circuler le ballon. Mais si les Français ne montrent pas plus de fraîcheur physique, ils connaîtront les mêmes déboires. Une vérité qui vaut pour tous, y compris pour Thierry Henry, transparent samedi.
Être plus vigilant en défense. Onze buts encaissés au cours des quatre derniers matchs, les Bleus sont sur une très mauvaise pente. Samedi, on a fustigé leur mauvaise gestion des coups de pied arrêtés. Ils devront être moins laxistes sur ces phases de jeu contre la Serbie. Mais il y a d'autres domaines où la défense bleue doit s'améliorer, par exemple ne pas défendre trop près de son but ou permuter au marquage si un joueur (c'était le cas de l'Autrichien Marco Janko) donne trop de fil à retordre à son défenseur. Changer la composition et l'organisation de l'équipe. Impliqué sur deux buts ce week-end, Mexès, le défenseur de l'AS Roma, avait aussi pas mal cafouillé lors du match amical contre la Suède, mi-août, qui s'était soldé par une victoire (3-2). Et, dimanche, il était encore très marqué par ses erreurs : «Je suis un peu dégoûté de la façon dont ça s'est passé pour moi dans ce match, mais j'assume mes erreurs», résumait-il. En tout cas, le doute semble s'être insinué dans son esprit et il semble dangereux de lui donner sa chance une nouvelle fois contre la Serbie. De même, au milieu du terrain, il manque un organisateur qui oriente le jeu. Samir Nasri ou Yoann Gourcuff pourraient assumer cette fonction à condition d'être positionnés dans l'axe. Montrer plus d'imagination en attaque. Samedi, on n'a vu que très peu de beaux mouvements d'ensemble et de jeu à une touche de balle. Les Bleus ne se trouvaient pas. L'équipe était coupée en deux. Et ses attaques étaient prévisibles. Avec, par exemple, quasiment pas de contre-attaques rapides ou de jeu dans la profondeur. S'ils veulent surprendre les Serbes, les Français ont intérêt à accélérer, à provoquer des changements de rythme et à varier leur attaques. Surtout, ils devront faire la différence balle au pied et ne pas s'empaler dans la défense adverse, comme l'ont trop souvent fait Thierry Henry, Karim Benzema et Samir Nasri à Vienne. Tout un programme.
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