• François Bayrou tend la main aux socialistes

    De notre envoyé spécial à Agay (Var) , Rodolphe Geisler
    08/09/2008 | Mise à jour : 17:35
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    «Nous avons besoin les uns des autres», a lancé le président du MoDem à l'intention de tous les opposants au chef de l'État.

    Pour François Bayrou, l'heure est désormais au «rassemblement». Avec qui ? Dimanche, devant deux mille personnes à Agay, dans le Var, il n'a cité explicitement aucun allié précis. Mais la direction vers laquelle il regarde est claire. «Le jour où la question de l'alternance sera à l'ordre du jour, la question sera celle de l'efficacité» car «toute victoire électorale suppose des rassemblements», a lancé le président du MoDem. Et de marteler : «Le rassemblement suppose d'accepter la différence» et «s'il le faut, la concurrence». Toujours sans citer le Parti socialiste, le troisième homme de la présidentielle de 2007 a tendu la main à des alliés possibles de 2012 : «Nous aurons besoin les uns des autres le jour où il s'agira de construire ensemble.»

    François Bayrou sait qu'il lui faudra du temps pour parvenir à réaliser l'édifice politique dont il rêve. «Je sais bien qu'il n'est pas facile de passer des frontières, a-t-il reconnu. Mais c'est en passant des frontières qu'on bâtit des pays pionniers.» Si le «avec qui ?» reste donc encore à préciser, le «contre qui ?» doit s'organiser, ce rassemblement est clair. Voilà plusieurs mois que le président du MoDem peaufine son statut de meilleur opposant à Nicolas Sarkozy. «D'ailleurs, si nous n'étions pas là, qui dirait que ça ne va pas ?», a-t-il répété dimanche.

    Le réquisitoire contre «le prince qui nous gouverne», dont il a dénoncé «les dérives», «l'arbitraire» ou encore «les foucades du bon plaisir au détriment du bien commun», était plus implacable que jamais. Il a ainsi dénoncé «l'extraordinaire ambiance de cour» régnant à l'Élysée et au gouvernement, ironisant sur ces ministres «obligés» de faire la publicité du disque de Carla Bruni-Sarkozy . Affaire Tapie, fichier Edvige, financement «injuste» du RSA, tout y est passé. «La République en France est de moins en moins démocratique laïque et sociale, donc de moins en moins République», a-t-il dénoncé.

    Hubert Védrine et Fred Vargas

    Dans l'attente de futurs alliés, l'ancien candidat à la présidentielle s'est tourné vers ses «Bédouins», c'est-à-dire ses «fidèles», à qui il demande de former un «commando de changement de la société». Une société qu'il souhaite «humaniste». Et qui prendrait «la place de cette société d'injustice qui est actuellement au pouvoir». Ce «franchissement» des frontières, François Bayrou l'a mis en pratique dès ce week-end. En recevant, notamment, samedi matin, l'ancien ministre socialiste des Affaires étrangères, Hubert Védrine, venu «en ami» parler relations internationales. «Je n'ai pas changé de famille politique, mais j'apprécie beaucoup ce signe d'ouverture, d'écoute et d'incitation au dialogue», a-t-il déclaré. Le soir, plus inattendu, c'est la romancière de best-sellers policiers, Fred Vargas, qui se dit à la gauche de la gauche, qui était son invitée. Connue pour son engagement envers l'ancien activiste italien des Brigades rouges, Cesare Battisti, celle-ci a fait effet en observant que «les relations parfois compliquées entre la gauche et le MoDem allaient sans doute devenir centrales dans les années à venir». Autre figure nouvelle au MoDem : le directeur de Marianne, Jean-François Kahn, qui conduira une liste bayrouiste aux élections européennes.

    » EDITORIAL - Le Rubicon de Bayrou

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