
» DOSSIER SPECIAL : élections américaines
John McCain a, comme Barack Obama, profité spectaculairement de l'effet convention. Les sondages réalisés après la grande messe de Saint Paul le placent devant le sénateur métis. Une enquête de l'institut Zogby crédite le sénateur de l'Arizona de trois points d'avance sur le candidat démocrate, 48.8% contre 45,7 %. Même tendance dans le nouveau sondage Gallup publié par USA Today. John McCain y obtient 50% contre 46% pour Barack Obama. Le candidat républicain a comblé son retard sur son adversaire. L'enquête réalisée par Gallup au lendemain de la convention démocrate de Denver avait montré un Obama, dopé, caracolant à sept points devant le vétéran du Vietnam, avec 50% contre 43% des intentions de vote pour le républicain.
«Les républicains ont eu une bonne convention et, au moins au début, le choix de Sarah Palin a fait une grande différence», analyse dans USA Today l'observateur politique Larry Sabato de l'université de Virginie. « John McCain se trouve dans une position bien meilleure que ses partisans l'imaginaient», a-t-il ajouté. Jamais les Républicains n'ont connu un pareil avantage sur les démocrates depuis le mois de janvier. Le sondage Gallup montre que la convention de Saint Paul a remobilisé les sympathisants républicains. Avant le raout, 47% d'entre eux expliquait être moins enthousiastes que d'habitude à l'idée d'aller voter le 4 novembre. Saint Paul a renversé la tendance, 60% des Républicains se déclarent désormais plus enthousiasmés qu'à l'ordinaire par la perspective du scrutin présidentiel.
Saint Paul a aussi rendu le sénateur de l'Arizona plus crédible sur les questions économiques. Désormais Barack Obama n'a plus que 3 points d'avance dans ce domaine contre 19 avant la convention. Le choix de Sarah Palin comme colistière de John McCain cristallise les électeurs. 29 % des 1022 personnes interrogées soulignent que sa présence sur le ticket républicain rendra leur vote pour John McCain plus probable, 21% des sondés déclarent au contraire que sa sélection rendra leur suffrage pour le sénateur de l'Arizona moins probable. A titre de comparaison, Joe Biden, le vice-président de Barack Obama, a beaucoup moins contribué à déterminer les électeurs. Le sénateur du Delaware a certes moins repoussé (7%) que la gouverneur d'Alaska mais il a également séduit moins de votants (14%) qu'elle.
Cependant ce rebond républicain ne présage en rien de l'issue de la course à la Maison-Blanche. L'effet convention n'est pas le gage d'une tendance durable et disparaît souvent très vite des mémoires. Enfin, Gallup interroge des électeurs vivant sur l'ensemble du territoire américain mais l'élection prochaine se joue Etat par Etat. Le gagnant du 4 novembre sera celui qui remportera le plus d'Etats et le plus de grands électeurs. Or, pour le moment, les sondages régionaux montrent que Barack Obama devance encore son rival républicain.
Pour remporter la Maison-Blanche, 270 grands électeurs sur 538 sont nécessaires. D'après les enquêtes d'opinion actuelles, John McCain en décrocherait 174 et Barack Obama 217, a calculé RealClearpolitics.com. Le site (1) base ses estimations sur les Etats où l'écart entre les candidats dépasse 5%, et est supérieur à la marge d'erreur des sondages. L'avantage est au Sénateur de l'Illinois, souligne Politicallore.com. le candidat démocrate est donné gagnant dans de nombreux Etats décisifs - «swing states»- comme l'Ohio, la Pennsylvanie, le Nevada, la Virginie, et la Caroline du Nord.
(1) RealClearpolitics.com propose un deuxième système de décompte qui inclut les Etats où moins de cinq points séparent les deux candidats. Lorsqu'on ajoute ces Etats encore «incertains», Barack Obama peut compter sur 273 grands électeurs et John McCain en obtient 265.
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