Toulouse l'opportuniste !
Au lendemain d'un premier choc remporté par le Stade Français à Perpignan, le Stadium accueillait dimanche soir la seconde affiche de la 3e journée du Top 14 entre Toulouse et Biarritz. Et c'est le champion de France qui l'a emporté (20-6), bonus en prime, grâce à trois essais de Kelleher, Ahotaeiloa et Heymans. Les Basques n'auront pas démérité, mais ils n'ont pas su concrétiser leurs temps forts, contrairement aux Stadistes, plus réalistes.
Kelleher aura été le grand homme du match (La Dépêche du Midi).
Le troisième essai est en effet la preuve que les Stadistes montent en puissance, et si les champions de France sortent confortés de ce premier gros choc de la saison, ils n'ont pas non plus de quoi s'enflammer, Heymans reconnaissant à juste titre que son équipe a joué un "rugby de début de saison", loin de celui qu'elle est capable de produire lorsqu'elle évolue à plein régime. L'analyse est d'ailleurs la même côté biarrot, car si le BO nourrira sans doute quelques regrets de s'incliner de la sorte, il a également prouvé qu'il pouvait rivaliser avec le champion de France, tant dans la conquête que dans la possession du ballon. Il lui aura finalement manqué davantage de réalisme pour espérer contrarier davantage son adversaire, ce que soulignait d'ailleurs Thion au micro de Canal +: "On a trop rendu de ballons, on a eu des petits soucis en défense, c'est désolant parce qu'on avait bien préparé ce match, on a eu une conquête propre, mais ils ont été plus pragmatiques que nous." La clé du match est en effet là: si le BO a souvent, particulièrement en première mi-temps, eu la mainmise sur le jeu, il n'a jamais su concrétiser ses moments forts, au contraire de Toulousains qui, à l'exception d'un surnombre gâché en fin de première mi-temps, ont aplati dans l'en-but adverse sur quasiment tous leurs enchaînements balle en main.
Kelleher surgit...
Ce scénario s'est d'ailleurs écrit dès le début de la rencontre: pour son retour dans la Ville Rose, Courrent semble d'entrée de jeu décidé à prouver qu'il vaut peut-être mieux qu'une doublure d'Elissalde, Skrela ou Michalak: après un drop lointain à côté, le demi d'ouverture biarrot passe à deux reprises la défense adverse en revue, trouvant à chaque fois Gobelet en relais, mais l'ailier est stoppé sur la ligne des 22 par la défense (5e) puis de justesse en coin sur la ligne d'en-but par Kelleher (7e). On retrouve le demi de mêlée black décisif trois minutes plus tard: sur une mêlée biarrote sur les 40 mètres toulousains, il profite de l'hésitation de Yachvili pour s'emparer du ballon et, au terme d'une course tout en puissance de 60 mètres, aplatir entre les poteaux contre le cours du jeu (7-0, 10e).
Une erreur basque a permis à Toulouse d'ouvrir le score, une seconde des avants, hors-jeu sur un en-avant, donne l'occasion à Elissalde, à 38 mètres face aux poteaux, d'ajouter trois points, l'international ne s'en prive pas (10-0, 20e). En coin, Courrent offre la réplique à son ancien partenaire sur une faute toulousaine dans un regroupement (10-3, 25e), le score n'évoluant plus avant la pause malgré une énorme occasion de deuxième essai galvaudée dans les arrêts de jeu par Médard, gêné par l'appel croisé de Heymans. Reste que les champions de France, opportunistes à souhait, peuvent s'estimer plutôt heureux de virer à la mi-temps avec cet avantage de sept points, les Biarrots ayant globalement eu la mainmise sur le ballon.
Et le scénario n'évolue guère au retour des vestiaires: si Elissalde rate une pénalité à sa portée, Courrent réduit l'écart à quatre points dans une position similaire (10-6, 50e), après une énorme occasion d'essai ratée par Lauret, coupable d'un en-avant au moment d'aplatir dans l'en-but à l'issue d'une action initiée au pied par Yachvili. Le but de Courrent a en tout cas le don de piquer au vif les champions de France, encore opportunistes sur leur premier véritable enchaînement de la mi-temps: suite à une belle charge de Servat, Pelous sert sur sa droite Médard dont la passe trouve Ahotaeiloa pour un essai en coin, validé à la vidéo (15-6, 54e). Après une heure de jeu, le rythme retombe et si le BO parvient à ne pas encaisser de points pendant ses dix minutes en infériorité numérique suite au carton jaune infligé à Masi pour avoir plaqué Nyanga sans ballon, il craque dans les arrêts de jeu avec une action d'école, une longue passe sautée de Fritz pour Heymans. De quoi clore cette soirée en beauté pour Toulouse qui, dans une semaine, passera un deuxième test à Clermont pour la revanche de la finale du Top 14.




