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Tennis New York Envoyé spécial Le premier point de la finale féminine de l'US Open a été fatal à la paire de boucles d'oreille de Serena Williams. Le bijou fut le seul objet de valeur qui a échappé, dimanche 7 septembre, à la joueuse américaine sur le Stadium Arthur-Ashe à Flushing Meadows, dans la banlieue de New York.
A l'issue d'une rencontre reportée de 24 heures en raison de fortes pluies, la coupe en argent du simple dames a retrouvé le contact de ses mains. Victorieuse de la Serbe Jelena Jankovic en deux sets (6-4, 7-5), Serena Williams, 27 ans le 26 septembre, a spectaculairement renoué avec le succès à New York où elle ne s'était plus imposée depuis 2002.
Ce troisième sacre à l'US Open, le neuvième pour elle dans un tournoi du Grand Chelem, a été conquis de haute lutte lors d'une finale de très haut niveau conclue, alors que minuit approchait, par une accélération supersonique en revers.
Au comble du bonheur, après s'être retrouvée en grand danger lorsqu'elle fut contrainte de sauver quatre balles de 2e set, Serena Williams a célébré son succès de la plus joyeuse des façons en s'envolant plusieurs fois dans les airs et en criant à pleine gorge sa satisfaction de redevenir no1 mondiale, une place qu'elle n'avait plus occupée depuis 2003. Car l'enjeu de cette finale était double : la victoire était agrémentée de la place de meilleure joueuse du monde pour celle qui gagnait la partie.
Finaliste à Wimbledon, où elle s'était inclinée contre sa sœur, Venus, qu'elle a éliminée à New York en quarts de finale, Serena reprend donc les commandes d'un tennis féminin qu'elle avait lâchées, pendant cinq ans, à cause de blessures et de diverses distractions, dans les milieux du cinéma et de la mode. Et, à l'entendre, il ne faut pas espérer la voir couper son effort dans les mois à venir. "J'ai travaillé tellement dur ces derniers temps pour arriver là, a-t-elle avoué. Mais j'ai encore tellement d'énergie et je me sens encore si jeune."
Cette démonstration de Serena Williams, qui n'a pas cédé un set en sept matches, n'a pas réussi, cependant, à atténuer la relative déception d'un tournoi féminin éclipsé par son homologue masculin. Cet US Open a été le reflet fidèle d'une saison terne pour le circuit féminin qui n'a pas été épargné par les épreuves. En 2008 se sont ainsi succédé l'annonce brutale de la retraite de Justine Henin, alors no1 mondiale, les problèmes physiques de Maria Sharapova, blessée à l'épaule et dont l'indisponibilité entamée en juillet pourrait se prolonger jusqu'à la fin de l'année, sans oublier la triste et inexplicable plongée d'Amélie Mauresmo dans les profondeurs du classement.
HIÉRACHIE INSTABLE
Ces événements ont entraîné une instabilité au sommet de la hiérarchie internationale, devenue carrément illisible. Au début de cet US Open, six joueuses pouvaient être no1 mondiale au terme de la quinzaine new-yorkaise. Du jamais vu. La défaite dès le 2e tour de la Serbe Ana Ivanovic, no1 du tableau, contre la Française Julie Coin, 188emondiale et issue des qualifications – la pire contre-performance d'une no1 mondiale en exercice –, n'a pas aidé à crédibiliser la nouvelle génération au pouvoir.
Le 11 août, l'accession de Jelena Jankovic à la place de no1, alors qu'elle n'avait jamais disputé la moindre finale d'un tournoi du Grand Chelem, avait également jeté le trouble. "Il va falloir attendre quelques mois pour que tout redevienne stable", a jugé Amélie Mauresmo à New York.
Les responsables du circuit féminin, qui préfèrent insister sur la densité actuelle du tennis féminin, sont néanmoins conscients des difficultés du moment. Pour reprendre la main sur le plan du spectacle, décision a été prise, par exemple, de généraliser, en 2009, une pratique testée lors des derniers mois. Dans tous les tournois, sauf ceux du Grand Chelem, chaque joueuse pourra faire appel, à la fin d'un set, à son entraîneur qui interviendra directement auprès d'elle sur le court. Télévision oblige, un micro sera accroché à la chemise des coaches convoqués par leur protégée.
Pouvoir entendre le savoureux Richard Williams distiller des conseils à ses filles, voilà, effectivement, une perspective alléchante…
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Jusqu'à preuve du contraire on ne peut assimiler les performances de Serena Williams à celles de Ben Johnson,sprinter surpris avec des anabolisants,ou d'Amstrong suspecté d'avoir utilisé de l'EPO sur des données hors procédure.On aimerait bien que de telles suspicions ne surprennent pas la vigilance des modérateurs.Autrement il faudrait fermer la rubrique sport.Les soeurs Williams sont des phénomènes tennistiques. Elles bénéficient de la même préparation,et n'ont pas pour autant le même gabarit!