• L'Opep pour une hausse des prix du pétrole

     
    08/09/2008 | Mise à jour : 08:22
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    Le cartel des pays producteurs de pétrole se réunit demain à Vienne. Confronté au repli du prix du baril, il étudie très sérieusement une diminution de sa production.

    Baisse ou pas baisse ? Pour la première fois depuis longtemps, on guettera le verdict d'une réunion de l'Organisation des pays producteurs de Pétrole (Opep), demain à Vienne, avec intensité. Confrontée au brutal repli du prix du baril, qui a perdu une quarantaine de dollars en quelques semaines, l'Opep ne veut surtout pas rester les bras croisés. Et envisagerait, tout en maintenant officiellement ses chiffres de production, de diminuer discrètement ses livraisons pour entraîner un rebond des cours qui, avant le week-end, voisinaient avec les 106 dollars après avoir frôlé les 150 au début de l'été.

    Comme souvent dans ce genre de circonstances, avant de se prononcer dans un sens ou dans un autre, les membres de l'Opep envoient un certain nombre de signaux. Le président de la compagnie nationale libyenne a ainsi prévenu que le marché commençait à souffrir d'un phénomène de surabondance. Un peu plus tôt, le gouverneur iranien de l'Organisation avait tout simplement milité en faveur d'une réduction de la production de l'ordre de 1,5 million de barils par jour (Mbj) d'ici au début de l'année 2009, soit environ 5 % de l'offre de l'Opep. Selon Mohammad Ali Khatibi, le représentant de l'Iran au sein du cartel, l'Opep dépasserait d'ores et déjà sa production officielle d'un demi-million de barils par jour. Et M. Khatibi d'affirmer que, selon lui, le prix raisonnable du baril ne pouvait descendre sous la barre des 80 dollars.

    Face à ce scénario, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) reste stoïque. Son mot d'ordre est clair : à 100 ou 110 dollars le baril, comme c'est le cas aujourd'hui, le baril reste à un prix très élevé et il faut donc se garder du moindre redémarrage à la hausse. Sous peine d'affaiblir un peu plus l'économie mondiale qui, au cours des derniers mois, a encaissé un véritable choc pétrolier.

    Dans le sillage de l'Arabie saoudite.

    Cet appel à la modération sera-t-il entendu ? Nul ne le sait exactement. En attendant, l'Opep peut se féliciter d'être revenue sur l'avant-scène. À l'issue des dernières réunions, et même depuis quelques années déjà, les marchés ne réagissaient plus aux épisodes viennois. Sur le thème que les quotas de production du cartel ne signifiaient plus rien et que celui-ci, produisant à bloc donc au-dessus des quotas pour la plupart des membres , était bien incapable de peser sur les cours.

    Cette fois, les choses sont différentes. Depuis plusieurs mois, l'Arabie saoudite, véritable chef de file, a entrepris d'augmenter ses livraisons. Un effort qui a contribué à la détente des cours, même s'il ne faut évidemment pas minorer la baisse de la consommation de la zone OCDE mise en exergue par les derniers relevés de l'AIE. Parallèlement, l'Opep s'est enrichie de deux nouveaux membres, l'Équateur, à la fin de l'année dernière, et surtout l'Angola, au début de 2008.

    Ce changement de périmètre intervient alors que, selon les estimations réalisées par l'Institut français du pétrole (IFP), la progression de la production vers 2012 devrait provenir à 90% de l'Opep. Très précisément, l'offre de l'Opep devrait gagner près de 20 % sur cette période, portée par trois pays en particulier, l'Arabie saoudite, le Nigeria et l'Angola. Un effort susceptible de rendre l'Opep encore plus incontournable.

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