De notre correspondant à Washington
Boeing n'assemble plus d'avions. Le géant américain de l'aéronautique est depuis samedi paralysé par une grève votée par 87 % de ses 27 000 ouvriers mécaniciens. Le conflit est le résultat de l'échec des négociations entre la direction et le syndicat des mécaniciens, l'International association of machinists and aerospace workers (IAM). Ce dernier exige des augmentations salariales de 13 % sur une durée de contrat de trois ans et refuse le recours de Boeing à la sous-traitance.
De son côté, la direction de la firme de Chicago ne veut pas aller au-delà d'une augmentation de 11 %, sans tenir compte de primes diverses. La rémunération moyenne d'un mécanicien de Boeing est de 65 000 dollars par an (heures supplémentaires comprises). La dernière grève du même type remonte à 2005. Elle avait duré vingt-huit jours. Pour le moment, aucune reprise des discussions n'est prévue entre les deux parties. « Si Boeing veut me parler, la direction connaît mon numéro. Elle sait où me trouver : sur le piquet de grève », a proclamé Tom Wroblewski, le président de l'IAM. Des piquets de grève ont effectivement été mis en place aux portes des usines de Boeing, notamment dans la région de Seattle (État de Washington). Les sites restent ouverts aux autres types d'ouvriers, représentés par d'autres syndicats, ainsi qu'aux employés non syndiqués.
La base de l'IAM est très motivée. Les mécaniciens s'estiment en position de force. À leurs yeux, Boeing peut se montrer plus généreux, compte tenu de ses profits de 4,1 milliards de dollars l'an passé et de son carnet de commandes record d'avions civils de 275 milliards de dollars. Les analystes estiment que chaque jour de grève représente 100 millions de dollars de chiffre d'affaires perdu.
La production des modèles 737, 747, 767 et 777 est interrompue. Les appareils déjà assemblés pourront cependant être livrés. Si la grève se prolonge, elle retardera le programme du 787, le futur bimoteur révolutionnaire de Boeing qui devait effectuer son premier vol au quatrième trimestre. Plus de 900 commandes du 787 ont été passées. Toutefois, le programme a déjà pris plus d'un an de retard du fait de difficultés techniques d'assemblage d'un appareil d'un type nouveau, constitué notamment d'éléments en fibres de carbone, provenant de plusieurs sites éparpillés sur plusieurs continents.
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