Paludisme : la lutte finale
Vaincre la maladie est aujourd'hui possible... encore un petit effort !
Mille jours pour éradiquer le paludisme en Afrique, c'est-à-dire d'ici à fin 2010. C'est l'objectif lancé en avril dernier par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, qui considère ce pari « audacieux, mais réalisable », à condition toutefois que la communauté internationale se mobilise. L'appel et la cause sont entendus. A Paris, les Amis du fonds mondial europe, l'Alliance européenne contre le paludisme, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, organisent plusieurs manifestations du 9 au 28 septembre, dont une exposition photos de William Daniels sur le pont des Arts, un débat réunissant ministres de la Santé et parlementaires des pays du Nord et du Sud, des rencontres entre chercheurs, entreprises et ONG...
« La mobilisation a pris une certaine ampleur, reconnaît Michèle Barzach, présidente des Amis du fonds mondial europe, et nous pouvons espérer contrôler la pandémie parce que nous disposons aujourd'hui de moyens de prévention et de médicaments à base d'artémisinine efficaces. »
L'ensemble des financements dédiés à la lutte contre le paludisme (provenant notamment de la Banque mondiale, du Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme, de la Fondation Bill et Melinda Gates) s'élève à 1,3 milliard de dollars. C'est encore insuffisant. Il faudrait 3,2 milliards de dollars pour en finir avec ce fléau.
« Cent cinquante millions de moustiquaires ont été distribuées sur les 250 millions nécessaires pour couvrir les besoins des populations à risque en Afrique subsaharienne, insiste Michèle Barzach. De même, nous devons mieux organiser l'acheminement des moustiquaires, des tests de diagnostic et des médicaments, et poursuivre les recherches pour la mise au point d'un vaccin. »
Mais les efforts portent leurs fruits. Si le paludisme tue encore chaque année un million de personnes dans le monde, en grande majorité des enfants, la mortalité a chuté dans nombre de pays. C'est le cas en Ethiopie, au Rwanda, au Kenya, au Vietnam, en Inde... Et la mise au point d'un vaccin actuellement en cours d'expérimentation chez l'homme est espérée d'ici à quelques années.
La maladie sévit dans plus de 90 pays et pourrait bien s'étendre du fait du réchauffement climatique. Ainsi se pose la question de la présence en France du moustique anophèle, vecteur du parasite Plasmodium falciparum responsable de la maladie, depuis qu'un couple de Parisiens ayant séjourné à Saint-Raphaël, dans le Var, mais aussi près de l'aéroport de Roissy, a contracté la maladie.
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