Bartabas : eaux et lumières
Dans le cadre magnifique du bassin de Neptune à Versailles, Bartabas présente Les Juments de la nuit, une nouvelle création qui laisse perplexe. Le genre de spectacle esthético-philosophique que le regretté Maurice Béjart a parfois commis : on s'y gargarise de grandes phrases pour une finalité incertaine. Ici, Bartabas évoque « Macbeth à travers un hommage à Kurosawa ». Rien que cela ! Mais oublions le propos et gardons la forme. Mis à part les scènes japonisantes, qui se tirent et s'étirent jusqu'à l'ennui, cette nouvelle production est truffée d'images à la beauté inouïe dont on voit rarement une telle succession. Cavalier arrivant au loin devant un château aux reflets rouges, cavalcade traversant la scène de bout en bout, actrice à la longue robe noire dévoilant une scène toute blanche, rideau d'eau servant d'écran de projection... Moments sublimes où Bartabas utilise toutes les ressources de ce décor naturel : le château de Versailles, le bassin et ses jets d'eau, une scène à la forme surprenante montée sur l'eau. Malheureusement, toutes les séquences équestres, qui sont les plus fortes, sont entrecoupées par des séances de nô qui cassent le rythme, avec pour résultat un spectacle qui manque de peps et de force alors que tous les ingrédients sont là pour en faire l'une des plus belles productions extérieures de cette saison. L'ensemble est, en effet, d'un très grand professionnalisme. Même si Bartabas a un ego surdimensionné, il a su s'entourer des meilleurs professionnels : les éclairages, les jets d'eau, les feux d'artifice, le décor sont exemplaires. Mais l'eau et la pyrotechnie ne suffisent pas à faire un spectacle, surtout pour un écuyer qui a réussi à faire du canasson une marque de fabrique qui attire les foules. Pour l'occasion, le Théâtre Zingaro et l'Académie équestre de Versailles ont été réunis, soit un ensemble de 70 chevaux. Dommage qu'ils n'aient pas été plus utilisés. Une belle occasion manquée
En savoir plus
À la une

Alternative au système américain qui « déshabille », le Smart Corridor respecte l'intimité tout en identifiant à coup sûr les pièces métalliques et les traces d'explosifs... Première mise en place dans un aéroport : début 2009.

Philosophe et historien des idées, le libéral Philippe Nemo s'insurge contre l'OPA lancée par la gauche sur l'histoire de la démocratie française. Un essai roboratif.
Rencontre avec un futur grand du septième art, dont le premier film, le thriller «Pour elle», est une franche réussite.

Le musée d'Orsay présente une partie de sa magnifique collection de pastels. L'occasion de découvrir enfin des chefs-d'œuvre rarement montrés parce que très fragiles.