• Sarkozy à Moscou
    en médiateur de l'Europe

    Alain Barluet
    08/09/2008 | Mise à jour : 06:50 |
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    L'USS Mount Whitney, arrivé vendredi au port géorgien de Poti. Le Kremlin a accusé les États-Unis de réarmer la Géorgie. ((AP/Jacques Brinon)
    L'USS Mount Whitney, arrivé vendredi au port géorgien de Poti. Le Kremlin a accusé les États-Unis de réarmer la Géorgie. ((AP/Jacques Brinon)

    Le président en exercice de l'UE retourne lundi dans les capitales russe et géorgienne où il s'était déjà rendu il y a un mois.

    C'est fort du soutien unanime des Vingt-Sept que Nicolas Sarkozy reprend lundi le chemin de Moscou puis de Tbilissi afin d'obtenir de la Russie qu'elle achève de retirer ses soldats de Géorgie. Pour bien marquer ce front européen, le chef de l'État sera accompagné dans cette tournée éclair par le président de la Commission, José Manuel Barroso, et par le diplomate en chef de l'Union, Javier Solana.

    Au titre de président du Conseil européen, Nicolas Sarkozy s'était déjà rendu dans ces deux capitales il y a un mois pour y négocier un plan de paix que Moscou, cherchant à tirer profit au maximum de sa victoire militaire, tarde à appliquer. Selon la France, en effet, la Russie maintient toujours plusieurs centaines de soldats dans des «zones tampons» autour de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud. Selon sa lecture de l'accord en six points, Moscou estime être en droit d'assurer ainsi la «sécurité» de ces deux régions.

    Les Européens, eux, exigent l'application intégrale de l'accord du 12 août et demandent que les militaires russes quittent au plus vite le territoire géorgien. À Moscou, Nicolas Sarkozy et Dmitri Medvedev devront donc d'abord s'accorder sur leur interprétation du texte qu'ils ont tous deux signé avec leur homologue géorgien, Mikhaïl Saakachvili.

    Réunis ce week-end à Avignon, les ministres européens des Affaires étrangères se montraient relativement optimistes sur la possibilité d'obtenir lundi un engagement du président russe à retirer ses soldats. Ils ont annoncé leur intention de lancer une enquête internationale sur le déroulement du conflit en Géorgie, un gage de bonne volonté à la Russie. Un retrait militaire relancerait en tout cas les négociations du partenariat UE-Russie, gelées le 1er septembre à Bruxelles.

    Encore faudra-t-il pouvoir s'assurer de la situation sur le terrain. D'où le second objectif que Nicolas Sarkozy et l'UE ont assigné au rendez-vous de Moscou : le déploiement rapide d'une mission de 150 à 200 observateurs européens, des policiers essentiellement, qui viendraient s'ajouter à ceux déjà présents sous la bannière de l'ONU et de l'OSCE. Cette «mission civile» devrait être avalisée par l'UE le 15 septembre. Elle pourrait se déployer «dès le mois de septembre», a affirmé samedi Javier Solana, chargé de superviser cette mission autonome, sous commandement européen, avec la participation de l'OSCE et de l'ONU.

    Signe encourageant

    L'efficacité des observateurs européens dépendra pour une large part de leur zone de déploiement. Leur marge de manœuvre serait amoindrie s'ils se voyaient refuser l'accès aux abords des régions séparatistes. «Nous ne désespérons pas de pouvoir les déployer sur l'ensemble du territoire géorgien quitte à ce que cela se fasse de façon progressive», déclarait ce week-end une source proche de la présidence du Conseil.

    Signe encourageant, l'OSCE constatait à l'avant-veille du sommet que ses observateurs se déplaçaient «assez librement» en Géorgie, y compris dans les «zones tampons». Il semble toutefois peu vraisemblable que la Russie ouvre aux observateurs européens la porte de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud dont elle a décrété unilatéralement l'indépendance, le 26 août.

    À Moscou, Nicolas Sarkozy cherchera enfin à obtenir «une date et un lieu» pour engager des discussions, prévues au point 6 de l'accord du 12 août, sur «la sécurité et la stabilité» dans la région. Un sujet crucial qui devrait faire l'objet d'une conférence internationale dont les enjeux iraient bien au-delà du Caucase.

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