• Natixis brade ses actions 

    Armelle Bohineust
    05/09/2008 | Mise à jour : 10:35
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    Les sociétés mères, les groupes Banque populaire et Caisse d'épargne et un syndicat bancaire garantissent la levée de fonds.

    L'augmentation de capital annoncée hier par Natixis ressemble à des soldes monstres. Pour lever 3,7 milliards d'euros, la filiale de l'Écureuil et des Banques populaires propose ses actions nouvelles au prix de 2,25 euros, soit une décote de 61 % par rapport au cours de mercredi. Un prix très bas destiné à assurer le succès de cette opération délicate auprès des investisseurs.

    Si ceux-ci ne répondent pas présents cependant, les deux sociétés mères de Natixis sont prêtes à souscrire au-delà de leur participation au capital (34,9 % pour chacune). Et elles se sont aussi assuré une garantie fournie par une dizaine de banques.

    Natixis a fait le tour d'investisseurs institutionnels susceptibles de faire leur entrée à son capital. Dans une démarche devenue classique depuis le début de la crise financière, les dirigeants du groupe bancaire ont pris contact avec des fonds souverains du Moyen-Orient et d'Asie, notamment le singapourien Temasek. Sans grand succès. « Le modèle de gouvernance de Natixis et son organisation complexe en font un animal difficile à déchiffrer pour un investisseur étranger », souligne un proche du dossier.

    En France, la Caisse des dépôts et consignations (CDC) n'a pas davantage été convaincue par les arguments de Philippe Dupont, président de Natixis, qui a rencontré mardi Augustin de Romanet, directeur général du bras financier de l'État. « Nous n'avons aucune raison de renouer un partenariat avec Natixis, a indiqué la Caisse des dépôts. L'opération est garantie par un syndicat bancaire, la banque d'affaires n'a pas besoin de nous. »

    Dilution très forte

    De toute façon, il ne s'agit pas de faire entrer un troisième actionnaire important au capital de Natixis, précisait un proche du dossier. Dominique Ferrero, directeur général, a affirmé hier qu'il souhaitait conserver un flottant de 30 %. « Le marché est une école d'efficacité et de rigueur », a-t-il insisté. Le patron de la banque d'affaires espère aussi convaincre le 1,2 million de petits actionnaires actuels de remettre au pot.

    Natixis propose treize actions nouvelles pour dix actions existantes dans cette opération qui prendra fin le 18 septembre. Ce faisant, la banque d'affaires n'hésite pas à doubler très largement (+130 %) le nombre de titres composant son capital. Cette dilution risque de rendre l'opération difficile à digérer pour les actionnaires minoritaires, déjà déçus par le cours du titre. L'action, introduite en Bourse au prix de 19,55 euros, a chuté de 70 % depuis la création de Natixis, lors de la fusion de Natexis et d'Ixis fin 2006.

    La crise des crédits immobiliers américains à risque (subprime) a coûté 3,9 milliards d'euros au groupe dont 948 millions au premier semestre 2008. Greenlight Capital a réaffirmé hier son opposition à l'augmentation de capital, préférant à cette solution une cession des participations de Natixis dans les réseaux de détail de ses sociétés mères. Cette décision offre aux petits actionnaires « le choix indésirable entre une augmentation de capital mal structurée et une dilution massive », a souligné David Einhorn, le patron du fonds américain. Le marché a, de son côté, réservé un accueil hésitant à l'opération. L'action a longuement joué au yo-yo avant de clôturer en baisse de 2,4 %.

    « Les interrogations relatives à la solvabilité de Natixis paraissent réglées. Les questions portent dorénavant sur les perspectives de la banque d'investissement », ont résumé les analystes financiers de Raymond James, soulignant le nouveau défi de la banque.

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    » La fiche valeur Natixis

    » L'avis des analystes sur Natixis (avec jdf.com)

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