Il y a huit jours, l'ouragan Gustav avait déjà fait 77 morts à Haïti, un des pays les plus pauvres de la planète. La tempête suivante, baptisée Hanna a fait des dégâts encore plus considérables, et le pays compte encore ses morts à l'approche d'Ike, qui pourrait à nouveau noyer Haïti sous les eaux.
Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), plus de 500 personnes ont été tuées par le passage d'Hanna et le bilan augmente «d'heure en heure». Un précédent bilan faisait état de 163 personnes tuées.
Zone la plus touchée : la ville des Gonaïves, au nord du pays, dans laquelle quelque 250.000 habitants sur 350.000 ont besoin d'assistance. La situation y est jugée «catastrophique», et le spectre d'une catastrophe humanitaire et sanitaire flotte sur Haïti.
Un sénateur a ainsi estimé que « 200.000 personnes n'ont rien mangé depuis trois jours ». Le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé qu'il était en train d'acheminer vers Haïti «de la nourriture, de l'eau et de l'aide humanitaire» par bateau et par avion.
Le calvaire d'Haïti, déjà frappé par la tempête tropicale Fay, qui avait fait une quarantaine de victimes il y a deux semaines, pourrait ne pas être terminé. Le pays pourrait en effet subir les répercussions de l'ouragan Ike, même si selon le Centre National des Ouragans (NHC), basé à Miami, le puissant ouragan de catégorie 3 (sur 5) devrait passer au large de l'île. Haïti, particulièrement sujet aux inondations et glissements de terrain en raison d'une large déforestation, est encore traumatisé par la tempête tropicale Jeanne, qui avait fait 3.000 morts aux Gonaïves il y a quatre ans.
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