• Eboulement au Caire :
    les recherches se poursuivent

    O.W. (lefigaro.fr) avec AFP
    07/09/2008 | Mise à jour : 11:30
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    Une colline s'est effondrée sur 15 mètres de hauteur et 60 mètres de largeur, provoquant la mort de 30 habitants d'un bidonville de la capitale égyptienne.

    Après les scènes de panique et d'affliction, samedi, les opérations de secours se sont poursuivies dimanche dans le bidonville de Manshiyet Nasser, au Caire, où 30 corps ont été retrouvés après l'effondrement d'un pan entier d'une colline, alors que le bilan risquait d'être beaucoup plus lourd encore.

    Sauveteurs et habitants du quartier ont travaillé toute la nuit pour retirer les blocs de pierre et certaines chaînes de télévision ont estimé que jusqu'à 500 personnes pourraient avoir été ensevelies dans l'éboulement d'énormes blocs de pierre de la colline du Moqattam, au nord-est de la capitale égyptienne.

    Le président égyptien Hosni Moubarak a demandé au gouvernement de préparer des lieux d'hébergement pour les personnes ayant perdu leur toit et de débloquer des indemnisations pour les familles des victimes, selon le quoitidien officiel Al-Ahram. A la suite d'une réunion d'urgence samedi soir, le Premier ministre Ahmed Nazif a annoncé que le gouvernement allait se pencher sur toutes les zones d'urbanisation sauvage que compte le pays.

    Selon un responsable de la sécurité, des dizaines d'habitations du quartier pauvre et densément peuplé de Manshiyet Nasser ont été détruites par des immenses roches de «centaines de tonnes» qui se sont détachées de la colline du Moqattam qui le surplombe. La colline s'est effondrée sur 15 mètres de hauteur, et 60 mètres de largeur. Le drame s'est produit à une heure où beaucoup d'habitants dormaient encore, en ce jour de week-end et de début du ramadan.

    Les sauveteurs ont dû attendre cinq heures avant que n'arrivent les premières grues nécessaires au retrait des plus gros rochers, pesant pour certains «des centaines de tonnes», selon un responsable.

    La colère des habitants

    Au milieu des ruines, des habitants du quartier ont pris à témoin les médias de la lenteur des secours. Dans un climat très tendu, Sarghali Gharib, un ouvrier de 24 ans, affirme qu'il a perdu huit membres de sa famille, cinq soeurs, sa belle-soeur et ses deux enfants, dans l'éboulement. «C'était horrible, comme un tremblement de terre, il y avait déjà eu des éboulements, et le gouvernement n'a rien fait pour évacuer ce quartier», a-t-il affirmé en colère.

    La plupart des habitations et petits ateliers de ce quartier dit «informel» car il échappe à toute réglementation, sont faites en briques et ne dépassent pas les deux étages. D'autres ont trois ou quatre étages au maximum. La masse désertique du Moqattam est faite d'escarpement calcaire. De très nombreux quartiers informels se sont nichés à son pied, le long du principal périphérique de la métropole.

    L'effondrement de maisons et d'immeubles est fréquent en Egypte, où de nombreux bâtiments ont été construits sans autorisation. En décembre 2007, 35 personnes sont mortes dans l'effondrement d'un immeuble de 12 étages à Alexandrie, dans le nord de l'Egypte. L'immeuble, érigé sans permis de construire il y a plus de 25 ans, s'était effondré alors que des ouvriers effectuaient des travaux au premier étage. Deux bâtiments jouxtant l'édifice se sont partiellement écroulés.

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