
Neuf mois après l'assassinat de l'ancien premier ministre, Asif Ali Zardari, le veuf de Benazir Bhutto et chef du principal parti politique, a été élu samedi président du Pakistan à une large majorité des voix des parlementaires. A 53 ans, il succède à Pervez Musharraf à la tête du deuxième plus grand pays musulman au monde.
Selon des résultats partiels communiqués par les autorités, Zardari, qui était le grand favori de ce scrutin indirect, a recueilli une écrasante majorité des voix lors de cette élection par les quelque 1.100 membres du Parlement fédéral et des assemblées provinciales.
A l'annonce des résultats, des députés pro-Zardari, certains en larmes, ont crié «Vive Bhutto!». Les deux filles du couple, dont l'une portait un portrait de sa mère, souriaient et donnaient l'accolade à des amis depuis la galerie du Parlement.

Cette élection se déroulait vingt jours après la démission du chef de l'Etat Pervez Musharraf, poussé vers la sortie par la nouvelle coalition au pouvoir, issue des législatives du 18 février, et emmenée par le Parti du Peuple Pakistanais (PPP). Ce mouvement est dirigé par Zardari depuis l'assassinat, le 27 décembre 2007 dans un attentat suicide, de l'ex-Premier ministre Benazir Bhutto, alors leader de l'opposition.
Les deux autres candidats, le magistrat Saeed-uz-Zaman Siddiqui et Mushahid Hussain, un proche de Musharraf, n'ont recueilli que les voix de l'opposition, largement minoritaire dans le collège électoral.
Asif Ali Zardari, 53 ans, connu jusqu'ici à l'étranger seulement pour sa réputation sulfureuse, est encore largement affublé de son sobriquet «Monsieur 10%» dans son pays. Il demeure un symbole de la corruption au sommet du pouvoir dans les années 1990, quand son épouse, dont il était ministre, dirigeait le pays.
Il est demeuré impopulaire parmi les 168 millions de Pakistanais, mais il a pris la tête du PPP à la surprise quasi-générale au lendemain de la mort de son épouse, puis a été désigné candidat à la présidence malgré des remous au sein de cette formation.
La justice a récemment abandonné une partie des poursuites contre cet homme qui a passé onze années en prison jusqu'en 2004, pour corruption et assassinat, et il a été amnistié pour le reste des accusations il y a un an par le président Musharraf, qui négociait alors avec Benazir Bhutto un accord de partage du pouvoir
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