La situation du budget de l'État est de plus en plus tendue. Au 31 juillet, le solde général d'exécution accuse un déficit de 51,4 milliards euros. Le déficit s'élevait à 48 milliards le 31 juillet 2007. Bercy explique cette évolution «exclusivement par une dégradation de 3,6 milliards du solde des comptes spéciaux, liée (…) à la charge d'indexation relative aux obligations indexées sur l'inflation». Concrètement, l'envolée de l'inflation depuis un an renchérit le montant des intérêts d'emprunts que l'État doit rembourser aux détenteurs des OAT indexées sur l'inflation émises ces dernières années.
En juillet, les services d'Éric Woerth, le ministre du Budget, évaluaient aux alentours de 2 milliards le coût supplémentaire, pour les finances publiques, de la hausse des taux d'intérêt de la BCE et de l'inflation. Désormais, il évalue ce surcroît de charges entre 3 et 4 milliards. Le ralentissement de la croissance ne permettra pas de compenser la facture. A priori, les recettes fiscales donnent le sentiment de plutôt bien résister à la dégradation de la conjoncture : elles se sont élevées à 134,6 milliards d'euros, en progression de 1,7 % par rapport aux sept premiers mois de 2007.
Une progression due pour l'essentiel à la hausse de 4,9 % des recettes de TVA et de 8,9 % de celles d'impôt sur les sociétés (IS). Le dynamisme de l'IS risque de faire défaut dans les prochains mois : au ministère du Budget, on s'inquiète des rentrées d'IS en fin d'année, lorsque les grosses entreprises devront verser un IS anticipé sur leurs bénéfices de 2008. Une année difficile, en particulier pour les banques. Or, celles-ci contribuent environ au quart des recettes d'IS… Au final, le budget de l'État a de fortes probabilités de terminer avec un déficit au moins supérieur de 5 milliards d'euros à ce qui était prévu initialement.
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