• Carole Bouquet :
    «Je n'ai pas d'a priori»

    Propos recueillis par Emmanuèle Frois
    08/09/2008 | Mise à jour : 16:47
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    INTERVIEW - Présidente du jury du 34e Festival du film américain de Deauville, elle devra départager onze films en compétition.

    C'est Mamma Mia ! de Phyllida Lloyd, adaptation survitaminée de la comédie musicale à succès inspirée des chansons du groupe Abba, menée tambour battant par une Meryl Streep bourrée d'énergie et de talent, qui a fait l'ouverture du festival, hier soir. Celle-ci et son partenaire Pierce Brosnan étaient, hélas, absents. Peu importe à Carole Bouquet : «je ne suis pas là pour faire des mondanités, mais pour aller voir des films». Dès la fin du festival, l'actrice débutera, le 15, le tournage à Paris de Je vais te manquer , premier long-métrage de la romancière Amanda Sthers.

    LE FIGARO. Quel style de présidente allez-vous être ?
    Carole BOUQUET. Pas du tout directive ! J'ai affaire à des adultes que je respecte et que j'admire. Je les laisse donc penser ce qu'ils veulent. Ils n'ont besoin d'aucune consigne, je ne suis pas du tout maîtresse d'école. Le jury notamment Ronit Elkabetz, Édouard Baer, Cristian Mungiu, Dean Tavoularis je l'ai composé en collaboration avec le Festival de Deauville. Le choix, s'il y en a un, s'est effectué à ce moment-là.

    Que pensez-vous du cinéma américain d'aujourd'hui ?
    Il est multiple. Et étrangement, il faut qu'il y ait une identité très forte pour que l'identification soit universelle. À Deauville, il va y avoir des œuvres totalement différentes, de Mamma Mia ! à Hell Boy 2 de Guillermo del Toro. Tout bon film m'intéresse, je peux autant être attirée par les blockbusters que par le cinéma indépendant. Je n'ai pas d'a priori, ce qui est déjà pas mal pour une présidente de jury !

    À 22 ans, vous avez été une James Bond Girl dans For Your Eyes Only. Une expérience marquante ?
    J'ai appris que je ne suis pas faite pour les films d'action ! Je peux aller les voir, mais je n'aime pas les faire. C'est à périr d'ennui ! Les scènes dans lesquelles il y a beaucoup d'effets spéciaux, c'est amusant pour les techniciens, formidable pour le metteur en scène qui les conçoit. Pour l'acteur, cela n'a rien d'excitant.

    Pourquoi alors aviez-vous accepté ?
    Parce qu'à 22 ans, on ne peut pas refuser ! C'est un autre univers, une autre façon de travailler. La production ne m'avait pas menti, je n'allais pas jouer La Cerisaie ou Bérénice. Je n'ai jamais rêvé de tourner aux États-Unis, cela ne m'a même jamais traversé l'esprit. Et à l'époque, lorsque j'ai vécu pendant un an à New York, j'ai reçu de nombreuses propositions que j'ai refusées au grand désespoir de mon agent. Je n'avais que deux envies : tourner avec Fassbinder ou Nicolas Roeg.

    Vous intéressez-vous aux élections américaines, au combat Obama-McCain ?
    Oui, c'est passionnant parce que cela façonne notre monde. Mon cœur penche du côté d'Obama parce que Sarah Palin, une femme qui serait vice-présidente, contre l'avortement, pour les armes à feu, pour la peine de mort. Cela fait beaucoup pour moi ! Je suis consternée qu'elle prône ces valeurs-là. On dirait une caricature de cow-boy américain et ce n'est pas exactement ce que j'aime !

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