• Les Vingt-Sept se veulent unis face à la Russie

    De notre envoyé spécial à Avignon, Alain Barluet
    05/09/2008 | Mise à jour : 21:07
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    Les ministres des Affaires étrangères de l'UE planchent samedi sur l'avenir des relations avec Moscou.

    Symbole d'unité, l'initiative ne pouvait mieux tomber : c'est dans le même TGV spécial décoré aux couleurs de l'Europe que les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont été conviés vedredi par Bernard Kouchner à se rendre à Avignon, sa ville natale. Prévu de longue date sur la liste des consultations diplomatiques de la présidence française de l'Union, le rendez-vous sera dominé samedi par la Géorgie. À Avignon, les Vingt-Sept voudront réaffirmer leur unité face à la Russie alors que celle-ci tarde à appliquer la totalité du plan de paix cosigné le 12 août par les présidents français, russe et géorgien.

    S'ils ont écarté des sanctions pour le moment, les Européens sont convenus, le 1er septembre, de geler leurs négociations sur un partenariat renforcé avec la Russie tant que celle-ci ne se conformera pas à l'accord du 12 août. Lundi, Nicolas Sarkozy retournera à Moscou puis à Tbilissi pour une partie d'échecs serrée avec son homologue russe, Dmitri Medvedev, afin qu'il se conforme à ses engagements.

    «Préparer le coup d'après»

    Dans la Cité des papes, il ne s'agira pas pour les Européens de prendre des décisions mais d'établir un diagnostic et d'envisager l'avenir de leurs relations avec une Russie en plein retour de puissance. Selon la présidence française de l'UE, le moment est opportun pour «préparer le coup d'après», dans la perspective d'une nouvelle Administration américaine. «On a rarement vu les Européens aussi en pointe et aussi unis», s'enthousiasme un diplomate proche de la présidence du Conseil. «Une belle unité que personne ne semble soucieux de rompre, du moins tant que l'on ne parle pas de sanctions contre la Russie  », analyse un observateur. Car, au sein de la famille européenne, les divergences n'ont pas disparu, elles ont seulement été mises en sourdine. «Chacun conçoit la nécessité de jouer à la fois sur le dialogue et sur la fermeté  », relève un diplomate. Mais certains, comme les Baltes, les Tchèques, les Polonais, seraient prompts à remettre sur la table la question de mesures contraignantes si Moscou continuait à finasser sur l'accord de paix. «Notre priorité est d'abord que les soldats russes sortent de Géorgie», plaide-t-on du côté de la présidence française.

    Au menu des discussions, la question des observateurs européens que l'UE envisage de déployer en Géorgie pour observer le respect du cessez-le-feu aura valeur de test. Le principe d'une «présence européenne», plusieurs centaines d'hommes, a été validé à Bruxelles, lundi dernier. Javier Solana, le diplomate en chef de l'UE, qui accompagnera Nicolas Sarkozy à Moscou, lundi, souhaite que cette mission puisse se déployer «en plusieurs phases», d'abord sur le territoire géorgien, puis jusqu'aux zones bordant l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie où patrouillent actuellement les Russes. Un projet qui sera inévitablement l'objet d'un âpre marchandage avec Moscou.

    » INTERVIEW - «L'Occident manque d'outils pour influencer Moscou»

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