• À Royan, l'UMP joue la carte de l'unité 

    Judith Waintraub
    05/09/2008 | Mise à jour : 20:47
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    Jean-Pierre Raffarin prévoit « des vents de force 5 » cet hiver, en attendant le retour de la croissance.

    De notre envoyée spéciale à Royan

    LE VENT soufflait fort à Royan, vendredi, à l'ouverture du « campus » des Jeunes Populaires. Et si les locaux de l'étape ont promis que le temps serait plus clément pour le grand Pavois, la semaine prochaine, les ténors de l'UMP ne prévoient aucune accalmie sur le front économique dans les mois à venir. Au contraire : pour Jean-Pierre Raffarin, « des vents de force 5 s'annoncent, en raison notamment d'un contexte international difficile ».

    Vendredi midi, en prélude aux travaux de l'université, l'ancien premier ministre avait invité des représentants de son club Dialogue et Initiatives, plus quelques élus amis, à faire un crochet par Châtelaillon avant de se rendre à Royan. Jean-Pierre Raffarin a des attaches affectives dans cette petite station balnéaire : sa mère y possède une maison où elle réunit ses enfants chaque été. Mais, au-delà du pèlerinage sentimental, le candidat non encore déclaré à la présidence du Sénat voulait surtout vérifier la solidité de son réseau et préparer une « contribution cohérente » aux travaux universitaires de l'UMP.

    Pendant le déjeuner, à huis clos, Jean-Pierre Raffarin a appelé ses troupes à « éviter les polémiques inutiles » et à conserver « sang-froid et sérénité » jusqu'au retour de la croissance, « au second semestre 2009 » si tout va bien. Le matin, le vice-président du conseil national de l'UMP avait déjà apporté sa contribution personnelle à la paix des ménages en refusant sur France 2 d'envisager une « réorganisation de l'UMP » et en affirmant son « soutien à Patrick Devedjian ». En fin d'après-midi, en arrivant sur la zone du « campus », Raffarin a de nouveau sacrifié au devoir d'« unité » imposé par Nicolas Sarkozy à ses lieutenants en faisant le tour des stands bras dessus, bras dessous avec le secrétaire général du parti.

    Mais entre les deux, au déjeuner, l'ancien premier ministre a pu constater que les interrogations qui traversent l'UMP, toutes sensibilités confondues, n'épargnent pas ses proches.

    Colère contre le RSA

    Malgré leur désir de ne pas gêner les chances de leur candidat favori à la succession de Christian Poncelet, des sénateurs comme Philippe Dominati ont laissé échapper la colère que leur inspire la surtaxe pour financer le revenu de solidarité active (RSA). « Quand on claque un milliard d'euros pour, au final, restaurer l'ORTF, il ne faut pas pleurer ensuite parce qu'on n'a pas d'argent pour financer le RSA », a maugréé le sénateur de Paris, en constatant avec une ironie amère : « Je suis parti en vacances après un impôt nouveau, je rentre, il y a un impôt nouveau ! »

    D'autres, comme le vice-président de l'Assemblée Marc Laffineur se sont montrés moins virulents : « Il n'y avait malheureusement pas d'autre financement possible, mais il faudrait se débrouiller pour que tout le monde contribue, y compris les plus riches, par exemple par une taxation des stock-options. » Pour montrer qu'il comprenait la préoccupation de ses amis, Jean-Pierre Raffarin a admis qu'il reviendrait « au débat parlementaire » d'adapter les projets du gouvernement. Dans le respect de « l'unité », bien sûr.

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