• La hausse des loyers
    marque le pas  

    Keren Lentschner
    04/09/2008 | Mise à jour : 06:50 |
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    (photo Vialeron/Le Figaro)
    (photo Vialeron/Le Figaro)

    L'augmentation est tombée à 2,1% depuis le début de l'année.

    La nouvelle mettra peut-être du baume au cœur de certains locataires. Ou laissera un goût amer à ceux qui se débattent pour boucler leurs fins de mois. Si les loyers continuent de progresser en France, la hausse a été moins importante cette année dans le parc privé. Le retour au calme se confirme : sur les huit premiers mois de l'année 2008, les loyers ont augmenté de 2,1 %, à 12 euros le m², contre 2,7 % durant la même période l'an passé, selon les statistiques de l'observatoire Clameur qui couvre 940 villes. En 2005, la hausse atteignait 4,7 % après avoir connu un pic en 2002 (+ 6,7 %). Indexé sur les prix à la consommation, l'indice de réfé­rence des loyers, qui sert à réviser chaque année les contrats de location, a crû de 2,4 % au 2e trimestre 2008, par rapport à la même période l'an passé. « L'année devrait se terminer sur un taux de croissance compris entre 1,9 % et 2 %, indique Michel Mouillart, professeur à l'université Paris-X Nanterre et auteur de l'étude. Le temps des hausses rapides de loyers est donc maintenant terminé. »

    » INFOGRAPHIE - La carte de France des loyers

    Ce ralentissement s'explique en grande partie par le niveau déjà élevé des loyers et par les incertitudes des familles liées à leur pouvoir d'achat. « Lorsque le moral des ménages fléchit, les projets de mobilité sont remisés », analyse Michel Mouilllart. L'activité du marché s'est ainsi repliée de 6,5 % en un an, de 11,7 % depuis quatre ans. L'allongement des délais moyens de remise en location a également contribué à freiner la mobilité. Elle reste néanmoins trois fois supérieure à celle du parc social. Face à une demande moins vigoureuse, les propriétaires ont dû augmenter leur effort d'amélioration et d'entretien de leurs biens. Un moyen aussi de satisfaire des locataires plus exigeants et de réduire les risques de vacance. C'est ce qui justifie, selon les bailleurs, le niveau élevé des loyers en cas de relocation, c'est-à-dire lorsqu'un bien passe d'un locataire à un autre. Les prix ont augmenté de 6,3 % au cours des huit premiers mois de l'année, contre 5,7 % sur la même période en 2007.

    Disparités importantes à Paris

    Reste que les disparités sont importantes à l'échelle du pays. Près du quart des villes françaises ont vu leurs loyers baisser comme à Lyon (- 0,6 %), Strasbourg (- 1,2 %), Bordeaux (- 2,6 %) ou Marseille (- 0,8 %). Mais dans une commune sur six, les loyers ont connu des progressions supérieures à 5 % comme à Saint-Étienne (+ 5 %), Lille (+ 5 %), Caen (+ 5,9 %), Châteauroux (+ 6,5 %) ou Bourges (+ 8,3 %). Depuis le début de l'année, les loyers ont bondi de 5,3 % en Basse-Normandie mais ils ont reculé en Haute-Normandie (- 1,5 %) et en Alsace (- 1,7 %). À la location, la Franche-Comté reste la Région la moins onéreuse (6,70 euros le m²), et l'Ile-de-France la plus chère (17,40 euros le m²). Sans surprise, Paris détient la palme de la ville la plus coûteuse (21,60 euros le m²) avec des disparités importantes d'un arrondissement à l'autre. Les loyers du XVIIIe progressent de 6,3 % (21,60 euros le m²) alors que ceux du VIe (Saint-Germain-des-Prés) chutent de 8,5 %.

    D'un type de logement à un autre, on constate aussi des inégalités. En 2008, les loyers des studios et une pièce ont augmenté de seulement 0,9 % alors que ceux des cinq-pièces et plus progressent de 3,5 %. Sur les studios et une pièce, la marge de manœuvre des propriétaires est moindre en raison du niveau déjà élevé des loyers. Ils sont 30 % supérieurs à ceux d'un deux-pièces, 70 % plus élevés que ceux d'un quatre-pièces. De plus en plus de Français, en particulier parmi les étudiants, optent ainsi pour la colocation.

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