Plonger sans pression
Fascinante, excitante, la plongée sous-marine est aussi un sport à risques. Vade-mecum.
Avis à tous les hommes-grenouilles et autres amoureux des profondeurs océaniques : le monde du silence a beau être sublime, il n'en est pas moins dangereux. Petit rappel des périls subaquatiques et des moyens de les éviter. Le plus menaçant des monstres sous-marins s'appelle... la « pression ». Croissante à la descente, décroissante à la remontée, la pression peut être mortelle si elle varie trop vite.
Une vitesse de compression ou de décompression trop rapide affecte d'abord nos « organes creux » - oreilles, sinus, dents cariées, système digestif et poumons -, comprimant ou dilatant l'air qu'ils contiennent.
Les troubles de la sphère ORL, comme les otites et les douleurs frontales ou maxillaires, sont les plus courants de ces barotraumatismes. « Ils se soignent par des antibiotiques et des anti-inflammatoires, très rarement par des opérations », explique le Dr Philippe Barré, médecin du Centre médical subaquatique (CMS). Pour les prévenir, la méthode d'Antonio Valsalva, médecin italien du XVIIe siècle, est toujours d'actualité : nez pincé et bouche fermée, soufflez progressivement à la descente, jusqu'à sentir un déclic dans vos oreilles. La suppression des boissons gazeuses avant la plongée évitera les « coliques du scaphandrier » et autres désagréments digestifs divers.
Les « surpressions pulmonaires », pouvant engendrer rupture des alvéoles pulmonaires et embolie gazeuse, sont très rares : « Il en survient quelques-unes par an seulement, principalement chez des débutants », poursuit Philippe Barré. Paniqués, certains plongeurs bloquent leur expiration, enfermant l'air qui se dilate dans leurs poumons, un geste à éviter absolument.
Les accidents de décompression, une cinquantaine par an en France, selon notre spécialiste, sont dus eux aussi à des changements de pression mal maîtrisés. Ils surgissent lors d'une remontée trop rapide ou d'une ventilation insuffisante. Les premiers symptômes - démangeaisons et boursouflures de la peau - peuvent annoncer beaucoup plus grave : accident neurologique ou infarctus du myocarde, quand les bulles se fixent là où il ne faut pas. Recompression en caisson hyperbare et inhalation d'oxygène permettent de les éviter. De même qu'une formation de qualité, sont requis un encadrement sérieux et une bonne santé, garantie par un certificat médical délivré par un généraliste.
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