• Les méduses s'installent
    durablement en Méditerranée

    Marielle Court
    13/07/2008 | Mise à jour : 22:10
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    Le réchauffement de l'eau de mer et la surpêche pourraient expliquer cette prolifération. Le même phénomène existe ailleurs dans le monde.

    Elles sont bien visibles, gélatineuses, transparentes et urticantes… Les méduses répondant au petit nom de Pelagia noctiluca sont de retour en Méditerranée. Une nouvelle invasion qui commence à inquiéter les scientifiques. Ces charmantes bestioles déambulent le long de nos côtes depuis huit ans, soit une année de plus que toutes les observations historiques. Est-ce le signe d'une installation définitive des méduses en Méditerranée ?

    «Nous avons des relevés depuis deux siècles qui ont toujours montré un cycle de douze ans», explique Jacqueline Goy, scientifique associée à l'Institut océanographique de Paris : «Des méduses qui se maintenaient jusqu'à sept ans puis qui disparaissaient pendant cinq ans. Cette rotation était liée aux fluctuations climatiques du bassin.»

    L'année supplémentaire bous­­­cule­ donc tous les schémas de façon d'autant plus inquiétante que, dans d'autres mers du monde, les méduses ont déjà investi les lieux de façon définitive. Il y a plusieurs causes à cela. Dans la célèbre Chesapeake Bay où ont débarqué les premiers colons amé­­­­­ricains, les scientifiques y voient les effets des apports agricoles qui surchargent la chaîne alimentaire marine. Ailleurs, c'est le réchauffement de la mer. Sur les côtes de la Namibie enfin, les méduses ont tout simplement pris la place des poissons exterminés par la surpêche.

    La Méditerranée connaît au moins deux de ces phénomènes. «Cet hiver, la mer a gagné un degré en ne descendant pas en dessous des 14 degrés au lieu de 13 auparavant. Elle est par ailleurs victime d'une surexploitation de la ressource», rappelle Jacqueline Goy. Deux prédateurs de la méduse sont ainsi en voie de disparition : le thon en raison de la pêche et la tortue faute de trouver des plages pour se reproduire. «Si rien n'est fait, notamment contre la surpêche, c'est le tourisme qui va en pâtir. Il y a là un choix économique important», met en garde la scientifique qui ajoute : «Pendant deux ans, les touristes ont fui l'Adriatique à cause des méduses.»

    Nouvelle technique

    Certaines stations balnéaires tentent de réagir en installant des filets antiméduses. La technique est relativement nouvelle. La Lyonnaise des eaux est une des entreprises qui a mis au point ces filets extrêmement visibles et à grosses mailles «afin qu'aucun organisme vivant ne puisse se prendre dedans», explique Pierre Tréhardy, responsable du centre régional de la Côte d'Azur.

    Une surface équivalente à une piscine olympique est ainsi protégée, le filet étant placé de telle façon qu'il renvoie les méduses vers le large. Plusieurs municipalités ont choisi cette option, espérant ainsi rassurer les touristes qui n'apprécient guère de nager au milieu de bestioles qui vous font passer un mauvais quart d'heure lorsqu'on les frôle. Mais ces barrières flottantes sur des petits bouts de littoral seront-elles suffisantes si les méduses s'installent définitivement ? En 2006, la municipalité de Cannes a ramassé durant l'été pas moins de dix tonnes de méduses. Et il ne s'agissait que de celles s'étant échouées sur la plage.

    » Les lésions sont en général bénignes

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