
« ÉTAT
de choc » au Medef, selon les termes de
Laurence Parisot dans un entretien hier aux Échos. Concert de protestations chez les syndicats. Hier, lors du bureau de l'organisation patronale qui se réunissait pour la première fois depuis le début de l'affaire, dans une atmosphère de
« gravité », chacun s'est exprimé. Un long tour de table où l'unanimité s'est faite sur
« le ton très juste et le positionnement politique » adopté par Laurence Parisot, distinguant bien entre le Medef et l'UIMM et appelant à
« l'esprit de réforme et la nécessité de transparence ».
Denis Gautier-Sauvagnac à qui les participants ont exprimé leur
« solidarité », a confirmé les retraits sans en préciser la destination qu'il réserve à la justice, et il a justifié l'absence de comptabilité à l'UIMM régie par la loi de 1884, contrairement au Medef dont les comptes sont certifiés selon les règles des associations loi 1901. Une subtilité qui n'est plus de mise : on a senti au bureau une
« volonté de serrer les rangs et de saisir l'événement pour établir de nouvelles règles du jeu et refonder le paritarisme », selon plusieurs participants. Personne n'a réclamé que « DGS » mette en suspens son mandat de négociateur. Laurence Parisot avait redit le matin les trois critères
- « compétence, aptitude physique, psychique et mentale, présomption d'innocence » - à l'aune desquels
« quotidiennement, elle prendra la mesure de la situation ». Et qui conduiront sans doute « DGS » à prendre lui-même l'initiative.
Côté syndical, après un temps de silence, les principaux leaders sont montés au créneau pour dénoncer la
« suspicion » que fait peser l'affaire et demander une réforme des règles de représentativité et de financement syndical. Reconnaissant
« quelques problèmes », notamment sur le détachement des salariés, Jean-Claude Mailly (FO) a assuré sur France Inter ne pas être
« concerné par cette affaire » et s'est dit prêt à ouvrir ses livres de comptes. La veille, François Chérèque (CFDT) avait fait de même et demandé à « DGS » de faire toute la lumière sur les destinataires des fonds. Une demande également de Bernard Van Craeynest (CGC), qui veut
« savoir exactement à quoi a servi cet argent pour lever le climat de suspicion ».
Ouverture de négociations
Bernard Thibault (CGT) a déploré la
« mise en cause généralisée des syndicats de salariés », alors que l'origine de l'affaire
« repose sur le fait qu'un des dirigeants principaux du Medef ait été pris à manipuler des sommes en argent liquide importantes ». Sur France Info, il a ajouté qu'
« absolument rien ne (laissait) à penser que ce serait une source de financement occulte des syndicats ». Avant d'en appeler à l'ouverture immédiate de deux négociations sur la représentativité syndicale et le financement. Ces chantiers sont prévus pour début 2008 après
« une première phase de mise à plat », a précisé le négociateur CFDT Marcel Grignard pour qui
« il ne semble pas qu'une accélération du calendrier soit absolument nécessaire ». D'autant que Laurence Parisot a semblé conditionner l'ouverture de ce dossier-là à la réussite des négociations en cours sur le marché du travail. Pourront-elles aboutir ?
« Si l'on avait voulu tuer dans l'oeuf cette négociation, on ne s'y serait pas pris autrement » qu'en mettant en cause le chef de file de la délégation patronale, note Bernard Van Craeynest.