
Après les hausses exponentielles de ces dernières années, il faut bien que l'immobilier fasse une pause. Certes, les résidences secondaires et villas des côtes françaises ne sont pas les premières touchées, mais il est difficile d'imaginer que les bords de mer seront miraculeusement épargnés par un recul généralisé des prix. Les statistiques dont nous disposons aujourd'hui sont le reflet du passé et, pour l'instant, tout va bien.
Les raisons de cette résistance sont multiples. D'abord, la clientèle de résidences secondaires, et particulièrement celle des villas « pieds dans l'eau », n'est pas la première touchée par la crise mondiale. Selon le « Wealth Report 2008 » de Knight Frank et de Citi Private Bank, qui analyse le comportement des grandes fortunes privées, les prix internationaux des biens immobiliers haut de gamme ont augmenté de 11 % en 2007. Saint-Jean-Cap-Ferrat figure même parmi les villes ayant enregistré les taux de croissance les plus forts dans l'immobilier résidentiel, avec un prix moyen de 43.490 euros le mètre carré.
A ce prix, les acquéreurs français ne sont pas très nombreux. Ils se comptent plutôt parmi les Russes, Chinois et autres conquérants que l'on classe encore dans la catégorie des pays émergents. Tous ceux-là sont parfaitement insensibles au durcissement des conditions de crédit et relativement imperméables à la hausse de l'euro.
Mais ils ne font pas le marché. La grande majorité des biens se situe dans des tranches inférieures : de moins de 1 million à 3, voire 4 millions d'euros. Et, dans ces catégories, il est probable que les prix devront s'ajuster un jour ou l'autre, pour plusieurs raisons. Les acheteurs refusent de payer aux tarifs affichés aujourd'hui, et ils ont eux-mêmes des difficultés pour vendre un autre bien destiné au financement du suivant. Par ailleurs, les pays européens ne sont pas épargnés par la crise. Quant aux riches Américains, ils ont vu leur pouvoir d'achat fondre à la vitesse de l'érosion de leur monnaie.
Seul point positif dans ce paysage un peu terne : les Français qui rêvent d'une villégiature pourront peut-être dans un an ou deux réaliser un achat qui se trouve encore aujourd'hui hors de portée.
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