
Après dix années de hausse des prix à deux chiffres, l'immobilier est entré dans une période d'assagissement. Pour la première fois, les prix des logements sont restés stables au premier semestre (+0,72 %), le mètre carré atteignant désormais 2 534 euros en moyenne, selon le réseau d'agences Century 21. Quant au volume des ventes dans l'ancien, il devrait chuter d'environ 15 % en 2008.
Sur l'ensemble de l'année, les prix devraient stagner, voire reculer jusqu'à 2 %. Le baromètre Bipe-Empruntis prédisait la semaine dernière une baisse de 10 % d'ici à 2009. Plus alarmiste encore, le réseau Laforêt envisage une baisse des prix d'environ 15 % sur deux ans. « C'est un phénomène de rééquilibrage plus que d'effondrement des prix », résume Hervé Bléry, président de Century 21.
Tous s'accordent au moins sur les raisons du ralentissement. Plusieurs facteurs ont contribué ces derniers mois à «désolvabiliser» les ménages français : augmentation des taux d'intérêt, resserrement des conditions de crédit, hausse du prix du carburant qui décourage ceux qui étaient prêts à s'installer plus loin, et morosité ambiante liée à la perte de pouvoir d'achat.
Sans surprise, ce sont les primo-accédants, les moins de 30 ans (22 % des acquéreurs) et les employés-ouvriers (41,9 %) qui sont les plus touchés, selon Century 21. Ceux-là même qui avaient représenté jusque-là le gros des troupes. Du coup, les ménages empruntent sur une durée plus longue (21,3 ans). Et la marge de négociation sur le prix, qui atteint désormais 5,5 %, a légèrement augmenté en six mois.
Une chose est sûre, les disparités restent importantes entre les régions : les prix chutent de 7,6 % dans le Limousin, de 6,4 % dans les Pays de la Loire, mais ils bondissent de 9,2 % en Lorraine. Paris continue de faire exception à la règle. Soixante jours suffisent à vendre un bien, contre 86 en moyenne nationale. Sur six mois, les prix restent orientés à la hausse (+1,4 %), le VIe arrondissement restant le plus cher de la capitale autour de 10 000 euros le mètre carré. Le montant moyen d'une acquisition franchit même la barre des 300 000 euros pour un 46 m² ! Toutefois, sur l'ensemble de l'Ile-de-France, le volume des ventes a chuté de 8,8 % au premier trimestre, selon les chiffres des notaires de Paris-Ile-de-France.
Au-delà de l'Ile-de-France, la baisse des prix pourrait atteindre jusqu'à 10 % en grandes banlieues, prévoit Century 21. Elles sont les plus affectées par la hausse des prix de l'essence. Un phénomène qui incite même les banquiers à revoir à la baisse leur offre de prêts. Conséquence, la demande devrait naturellement se recentrer autour des zones desservies par les transports en commun.
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