
Levallois aussi aura ses tours jumelles. C'est un homme d'affaires saoudien, le cheikh Mohamed Bin Issa al-Jaber, qui dotera la ville, sur le front de Seine, de deux tours de 164 mètres de hauteur. Un projet de 125 000 m2 qui comprendra 82 000 m2 de bureaux, un hôtel de luxe de 400 chambres, 40 boutiques haut de gamme, un restaurant gastronomique, une piscine, un spa et six niveaux de parking souterrain. Les tours, qui seront certifiées HQE (Haute qualité environnementale), auront une base commune de deux étages (bars, restaurants, centre de conférence). L'architecture est signée Pierre Epstein et Sylvain Glaiman.
Le cheikh al-Jaber dont le conglomérat MBI International possède des hôtels (JJW Hotels) en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord investira à Levallois plus d'un milliard d'euros. «Ces tours permettront d'accroître les capacités d'accueil en bureaux de la ville, contribueront à son développement économique et profiteront, par le biais de ses services, à ses habitants», se réjouit l'homme d'affaires, qui possède une trentaine d'établissements en France dont les hôtels Balzac et La Trémoille à Paris. «De nombreuses entreprises, qui ne trouvaient plus de locaux où s'installer, étaient contraintes de partir à la Défense», ajoute Patrick Balkany, député maire de Levallois. Le projet remonte au début des années 2000. L'objectif du maire était de mettre un point final à la restructuration d'un ancien quartier industriel et de profiter de l'élan créé à Levallois par l'installation de grands groupes (Hachette Filipacchi Médias, BASF, Alstom, Cetelem, Givenchy…). L'acquisition des terrains et les délais d'obtention du permis de construire ont retardé l'opération.
Les deux tours seront érigées sur d'anciens terrains appartenant à Fiat. «Cela nous permettra de détruire des immeubles de bureaux datant des années 1960 et de créer à la place un grand parc de 1,5 hectare», s'enthousiasme Patrick Balkany, dont le projet a servi d'argument électoral à ses opposants. Près des tours, situées à deux pas de L'Oréal, un collège flambant neuf ouvrira ses portes à la rentrée.
L'annonce de ce projet, qui sera signé ce matin en grande pompe, en présence de la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, alimente le débat sur l'opportunité de construire des tours à Paris et dans sa périphérie. Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, s'y est dit favorable. Patrick Balkany reconnaît que les projets de tours de la Défense lui ont ouvert la voie. «Il y aura une demande de très beaux appartements en hauteur», prédit-il aussi. À condition de ne «pas exagérer la hauteur pour des habitations» . Il s'est rendu récemment à Dubaï pour s'en convaincre.
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