• Les promoteurs immobiliers ont le moral en berne 

    Keren Lentschner
    20/06/2008 | Mise à jour : 15:43
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    Sur 115 programmes immobiliers qui devaient être lancés en 2008 par Kaufman & Broad, une quinzaine seront abandonnés.

    L'opération n'est pas passée inaperçue. La semaine dernière, Kaufman & Broad a mis en vente sur le site Internet vente-privee.com 260 maisons et appartements avec des remises de 5 % à 7 %. « Cette initiative a été incontestablement un succès », s'est réjoui hier Guy Nafilyan, PDG du promoteur immobilier, qui présentait ses résultats semestriels. Au total, 500 000 personnes se sont connectées et 270 000 ont participé à l'opération.

    Sur 300 lettres d'intention, soixante ont débouché à ce jour sur la signature d'un contrat de réservation. « C'est un moyen de toucher de jeunes acheteurs, qui représentent 25 % de notre clientèle, estime Guy Nafilyan. Il est vraisemblable qu'en 2009 nous ferons des opérations de ce type sur notre site. » Et pour cause. Guy Nafilyan, premier grand promoteur à publier ses résultats semestriels, pourrait avoir besoin de doper ses ventes.

    L'année 2008 a mal commencé, marquée par un « environnement économique et financier incertain » et par le « ralentissement du marché du logement en France », a-t-il indiqué. Sans parler des élections municipales qui freinent l'attribution de permis de construire et des ponts du mois de mai. Le bénéfice net de Kaufman & Broad a chuté de 71,3 % au premier semestre à 11,7 millions d'euros. Le taux de désistement a atteint 29 % et les réservations ont chuté de 23 %. « Cette baisse est due essentiellement au changement d'attitude des banques dans l'octroi des crédits, à l'augmentation des taux d'intérêt et, plus généralement, à l'attentisme des acquéreurs », résume Guy Nafilyan.

    « Forte récession »

    Face à cette situation, Kaufman & Broad va se serrer la ceinture. Sur 115 programmes qui devaient être lancés en 2008, une quinzaine seront abandonnés. Guy Nafilyan a par ailleurs entrepris des renégociations de prix des terrains. Il entend aussi rationaliser sa politique d'achat et optimiser ses coûts de construction. Quitte à réétudier certains programmes. Enfin, le promoteur a « mis à l'étude » un plan de réduction de ses charges opérationnelles. Le malaise est palpable dans le secteur. La chute de près de 28 % des ventes de logements neufs au premier trimestre a fait l'effet d'une douche froide. Hier, les promoteurs, qui tiennent congrès à Saint-Malo, ont fait le « constat d'une forte récession » et exprimé leur « inquiétude sur les problèmes de financement, tant des professionnels que des particuliers », déclare leur président, Jean-François Gabilla, qui table sur une baisse des ventes de 15 à 20 % en 2008. « Les prix ont augmenté trois ou quatre fois plus vite que le pouvoir d'achat, renchérit Henry Buzy-Cazaux, vice-président de Tagerim. Or l'amortisseur du crédit ne joue plus son rôle. À conditions de revenus égales, une opération sur cinq n'obtient plus de financement. »

    Les promoteurs seront-ils contraints de baisser leurs prix ? « Nous ne pouvons pas absorber les coûts liés aux nouvelles normes techniques, handicapés ou thermiques sans les répercuter dans les prix de vente ! », explique Jean-François Gabilla. Guy Nafilyan a également exclu une baisse de ses prix de vente. À cela s'ajoute un déséquilibre structurel entre l'offre et la demande. Les promoteurs ont retenu les leçons de la crise des années 1990. Pas question d'avoir de stock. Sur les 105 000 logements neufs en vente, moins de 3 000 sont terminés.

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