• La résistance des héritiers de Franco

    Trente ans après la mort du dictateur, les Franco (ici à l'enterrement du dictateur en 1975) sont à la tête d'une fortune dont le montant reste un mystère. Et les autorités peinent à récupérer certains biens « réquisitionnés » durant la dictature. <BR/>
    Trente ans après la mort du dictateur, les Franco (ici à l'enterrement du dictateur en 1975) sont à la tête d'une fortune dont le montant reste un mystère. Et les autorités peinent à récupérer certains biens « réquisitionnés » durant la dictature.
    Crédits photo : AFP

    Les biens immobiliers de la famille du dictateur espagnol font l'objet d'une bataille juridique entre les héritiers du Caudillo et le gouvernement régional de Galice. Bien qu'absente du pouvoir politique, cette dynastie
    dont la fortune a été bâtie sur les biens immobiliers « réquisitionnés » par Franco durant les quarante ans de régime connaît des aléas qui font le bonheur de la presse people.Un jour, ce sont les frasques amoureuses de la petite fille du Generalísimo, Carmen Martinez-Bordiu, une actrice déchue, qui défraient la chronique. Un autre, les mésaventures du plus jeune des descendants, Jaime Franco, contraint à passer une nuit au poste pour mauvais traitements sur sa petite amie. La dernière polémique en date concerne une sombre affaire d'héritage immobilier. Depuis quelques mois, les descendants de Francisco Franco (mort en novembre 1975) tiennent tête au gouvernement régional de Galice, qui entend faire de leur résidence d'été un bien d'intérêt culturel. Il s'agit du château du Pazo Meiras, demeure du XIXe siècle offerte au dictateur après la guerre civile (1931-1936) par « le peuple de La Corogne pour féliciter l'enfant du pays », mais qui dans les faits appartient au patrimoine national. L'édifice aux trois tours magistrales, qui a subi les ravages du feu en 1978, aurait besoin d'être rénové. Pour les autorités régionales, il n'a jamais été question de mettre à la porte ses occupants, mais de procéder à l'évaluation de son état de conservation. Le 30 août, après huit mois de négociations entre le gouvernement régional et la famille Franco, une équipe de fonctionnaires du département culturel, formée d'un architecte, d'un historien et d'un archéologue, s'est vu refuser l'entrée du château. Depuis, le ton est monté d'un cran. L'exécutif socialiste de Galice a demandé, en début de semaine, une autorisation judiciaire auprès du tribunal régional pour pénétrer dans la demeure. Si elle perdure dans son refus, la famille du Caudillo devra payer une amende de 60 000 euros. Le gouvernement régional entend que ce palais et son parc de six hectares soient déclarés bien public culturel. Cela obligerait les héritiers à ouvrir le domaine au public seulement quatre jours par mois ; en échange de quoi, ils recevraient une subvention pour son entretien. Mais rien n'y fait. Carmen Franco Polo, la fille du dictateur, rejette tout accord, assurant qu'il s'agit d'une propriété privée. Déjà, dans les rangs de la gauche, on crie au scandale. « Il s'agit d'une expropriation du patrimoine public, réalisée en période de dictature et qui perdure depuis trente ans de démocratie », assurent les communistes écologiques de IU. Ces derniers vont présenter une proposition de loi pour la récupération de tous les « biens expropriés » par le dictateur.

    La famille Franco dispose aujourd'hui de plusieurs terrains et villas un peu partout en Espagne. À la mort du dictateur, au nom de la transition démocratique, les dirigeants ont estimé qu'il fallait pardonner les fautes du passé, bannir toute chasse aux sorcières et ne pas exiger de responsabilités. L'oubli était aux yeux des Espagnols la condition de la réussite d'une démocratie fragile que, en 1981 encore, le lieutenant-colonel Tejero tenta de renverser par un putsch, avorté de justesse grâce à l'intervention du roi Juan Carlos Ier. « À cette époque, il était impensable d'envisager de récupérer les biens occupés par la famille Franco sans créer d'émeutes », assure Jesus Andreu, professeur de sciences politique à l'Université à distance. Résultat : les Franco se retrouvent trois décennies après le décès de leur illustre ancêtre à la tête d'une petite fortune, dont le montant reste un mystère. La presse se fait parfois l'écho d'une opération financière juteuse, réalisée par l'un des petits-enfants. Dans la grande majorité des cas, elle consiste à revendre à des promoteurs immobiliers des biens réquisitionnés durant la dictature. Exemple : dans la banlieue madrilène, l'un des héritiers a prévu de construire 4 000 logements sur un terrain appartenant en fait au patrimoine public. Il s'agit de la propriété Valdelasfuentes, d'une surface de 1 000 hectares. Franco se l'est attribuée dans les années 1960. Le dictateur en avait fait une exploitation agricole très rentable. À sa mort, le business déclina très vite. Francis, l'un des six petits-fils, l'utilisa comme décor de cinéma pour tourner des films d'horreur et érotiques. À la tête de cet empire, règne la fille, Carmen Franco Polo, âgée de 88 ans. Cette maîtresse femme dirige la fondation portant le nom de son père, une institution privée dont l'objectif officiel est de « diffuser l'enseignement du général Franco dans sa dimension humaine, politique et militaire, et mieux faire connaître les réussites de son régime politique ». Cette fondation est au coeur d'une polémique, car elle n'autorise l'accès qu'au compte-gouttes de ses archives, qui contiennent quelque 27 000 document. Cette opacité rend furieux de nombreux historiens espagnols ou étrangers, lesquels considèrent que ces documents doivent être rendus publics « dans la mesure où ils renseignent de façon très précieuse sur l'histoire de l'Espagne du XXsiècle ».
    Durant plus de la moitié du second mandat de José Maria Aznar (2000-2004), cette fondation, accusée de faire « l'apologie du franquisme », a reçu en moyenne 25 000 euros par an de subventions étatiques. Cette aide financière, versée officiellement pour l'entretien des archives, a totalement disparu avec l'arrivée au pouvoir du socialiste José Luis Rodriguez Zapatero en mars 2004. Petit-fils d'un républicain fusillé par les franquistes, le chef de file de la gauche espagnole a, dès le début de son mandat, exprimé son souhait de panser les plaies du passé franquiste. Ce voeu devrait se concrétiser avec l'adoption prochaine de la très attendue loi sur la récupération de la mémoire historique, visant à la réparation morale et financière des victimes de la guerre civile (1936-1939) et de la dictature franquiste.
  • En savoir plus

  • À la une

  • .
  • .
  • .

    Microsoft remplace le décevant Vista par Windows Seven  

    Microsoft prépare déjà la sortie du successeur de son système opérationnel.

    .
    .
  • .

    Assurance :
    les tarifs «Habitation» à la hausse

    Si les tarifs des contrats d'assurance auto baissent légèrement, les primes habitations augmentent de 2% à 5% cette année.

    .
    .
  • Retour tambour battant
    pour Rachida Dati 

    Retour tambour battant<br/>pour Rachida Dati <br/>

    La garde de Sceaux a effectué mercredi une première journée de travail remplie, cinq jours seulement après avoir accouché.

    .
    .
  • Services

    • Services météo
    • Services sorties
    • Services bourse
    • Services voyages
    • Services Guide-tv
    • Services boutiques
    •  

    Annonces

    • annonces_emploi
    • Annonces immobilières
    • Annonces automobile
    • Annonces rencontres
    •  
    .

  • .
  • .

  • .
  • .
  • La revue de net

    Chaque jour, cinq liens sélectionnés par lefigaro.fr

    .

  • .
  • .
    La carte de l'impôt sur le revenu<br/>

    La carte de l'impôt sur le revenu

    En moyenne, son montant a baissé de 189 euros par foyer imposable depuis 2006.

    .
    .
  • .

    Remaniement : Sarkozy
    peaufine ses choix

    Le gouvernement effectuait mercredi une rentrée sous pression.

    .
    .
  • .
    Éric Besson achève<br/>sa «transgression»<br/>

    Éric Besson achève
    sa «transgression»

    L'ancien responsable socialiste devrait succéder à Hortefeux au ministère de l'Immigration.

    .
    .
  • .
  • .
    Le baby-foot, un sport à part entière <br/>

    Le baby-foot, un sport à part entière

    Les meilleurs joueurs s'affrontent en Coupe du monde à Nantes pendant quatre jours.

    .
    .
  • .

    L'embarrassante augmentation
    du patron de l'ANPE-Unedic

    Selon le Canard Enchaîné, Christian Charpy verrait sa rémunération dopée de 20%.

    .
    .
  • info trafic

     

    .
  • .
    .
  • .
  • .
    .
  • .
    Les éditos du Figaro

    Les éditos du Figaro

    Retrouvez tous les jours l’éditorial du Figaro.

    .
    .
  • .
  • Les quiz du Figaro.fr
    .
  • Trouvez les meilleurs restos, films, spectacles, concerts et expos à Paris et en Ile de France !
    .
  • Annonces Automobiles
    .
  • .
  • .
.
.