Emma1 Gilles-Marie Zimmermann

Robe rebrodée de perles, plastique et vinyle, (Chloé). Escarpins (Christian Louboutin).

Madame Figaro

Emma de Caunes : «dans ce métier, on joue à la belle, non ?»

Elle a trente ans et un tempérament bien trempé. Aujourd’hui, cette fille de…, petite-fille de… n’a plus besoin de faire ses preuves. Actrice, animatrice télé, elle réalisera bientôt son premier long-métrage. Pour nous, elle se dévoile.

Paru le 28.07.2007, par Laurent Mereu-Boulch

Ce jour-là, il fait un temps de chien à Paris. Serrée dans son imper et montée sur des chaussures à talons, Emma de Caunes, petit bout de femme d’à peine 1,60 m, arrive quasi incognito au Bistrot des Peintres, sa cantine située à deux pas de son domicile. Le teint hâlé, elle affiche une mine radieuse et un sourire enjôleur. Emma de Caunes ressemble comme deux gouttes d’eau à son père, Antoine de Caunes, possède la beauté et l’élégance de sa grand-mère, Catherine Joubert, et, surtout, de l’énergie en excédent de bagage. Elle plonge régulièrement sa main droite dans son paquet de cigarettes, parle à la vitesse d’une mitraillette, est excitée à l’idée de réaliser bientôt son premier film, Papa Was a Rolling Stone, s’emballe pour le dernier groupe de rock qu’elle a écouté.

À 30 ans, cette enfant de la balle qui se définit comme « saltimbanque » a l’enthousiasme de sa jeunesse, des désirs plein la tête mais aussi les questionnements propres que lui confèrent un statut à part, celui de « fille et petite-fille de… », qui, d’un côté, doit assumer un héritage colossal, ce que les médias ne manquent pas de lui rappeler régulièrement, et, de l’autre, tenter aussi de s’en affranchir pour « tracer sa route ». Premières tentatives de réponses avec une jeune femme brute de décoffrage et pudique à la fois.

Madame Figaro. – Évoquons quelques instants Saint-Tropez, la thématique de notre numéro cette semaine. L’été, Saint-Trop’ est-il the place to be, comme disent les Anglais, quand on est un people ?

Emma de Caunes. – Oui, si vous êtes Paris Hilton. Moi, cela ne m’intéresse pas. Je connais mieux Saint-Tropez hors saison, mais mon lieu préféré, c’est la Colombe d’Or, à Saint-Paul-de-Vence. J’y ai passé une semaine au mois de juin. C’est beau, reposant, calme, tranquille. Cet été, j’irai plutôt dans ma maison de Trouville, en Normandie.

Le mythe Saint-Tropez ne fait-il pas rêver la jeune actrice que vous êtes ?

– Le Saint-Tropez d’aujourd’hui, celui du clinquant, pas vraiment. Le Saint-Tropez des années 50 et 60, celui de Brigitte Bardot, des couples mythiques du cinéma, des belles Italiennes et du glamour, évidemment. Souvent, je me dis que j’aurais bien aimé vivre à cette époque. Il y avait une espèce d’élégance qu’on ne retrouve plus aujourd’hui. Autant au niveau de la mode que du cinéma et de la musique, il y a énormément de choses que j’aime qui datent de cette période. Peut-être aussi parce que mes grands-parents m’ont beaucoup raconté cette époque.

Emma de Caunes est-elle à l’aise dans son temps ?

– Je ne suis pas réac ni passéiste, mais j’observe que nous vivons à l’époque du recyclage. Artistiquement, on n’invente plus grand-chose, et certaines valeurs se perdent. Moi, par exemple, j’adore écrire des lettres alors que tout le monde communique par e-mail.

C’est agréable d’avoir 30 ans en 2007 ?

– En tout cas, je suis plus heureuse qu’à 20 ans. Je suis moins dispersée et excitée. Plus je vieillis, plus j’apprécie la vie et plus je suis en phase avec mes désirs. J’essaie de ne pas retomber dans les mêmes pièges, dans les mêmes sales histoires.

Manipulée ?

– Pendant longtemps, j’ai été très malléable, sans doute parce que je voulais toujours faire plaisir. Vous savez, j’ai commencé très jeune dans le métier. J’ai animé ma première émission de télé à 13 ans. J’étais une enfant, donc très naïve. Depuis, j’ai grandi et je fais attention où je mets les pieds.

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