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Asia Argento dans «Boarding Gate».

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Madame Figaro

Asia Argento «je me suis éloignée des cannibales»

Avec Boarding Gate, l’actrice italienne confirme sa réputation d’aventurière. Pourtant, elle ne rêve que de calme et de sérénité. Attention fragile.

Paru le 11.08.2007, par Christian González

Elle intrigue invariablement et peut-être ne le fait-elle même pas exprès. Asia Argento est un mystère irradiant, avec quelque chose de Jekyll et quelque chose de Hyde mais inextricablement. Sa séduction, douce et fulgurante à la fois, est d’essence quasi romanesque tant elle est subjuguante. Elle parle doucement, d’une voix ébréchée, se livre facilement tout en restant indéchiffrable. Cette jeune femme est un labyrinthe où elle doit parfois elle-même se perdre de vu.

Madame Figaro. – Dans « Boarding Gate », d’Olivier Assayas, vous êtes une aventurière qui a aimé un homme d’affaires américain, qui le retrouve, le tue et s’enfuit à Hongkong. Quel souvenir gardez-vous de ce film ?

Asia Argento. – Ce que je garde de Boarding Gate, c’est d’abord ma rencontre avec Michael Madsen, qui interprète cet homme d’affaires américain. C’est quelqu’un de totalement imprévisible. Si bien que j’ai un souvenir flou du tournage avec lui, comme un blocage. Par contre, je me souviens très bien du tournage à Hongkong que je ne connaissais pas. J’ai adoré la ville, les gens, la nourriture.

Qu’attendez-vous de vos metteurs en scène ?
– Un acteur doit se sentir aimé, aidé, qu’on lui dise « tu es géniale, c’était vraiment bien ce que tu as fait ». Un truc d’enfant! Mais les acteurs sont des gens très fragiles.

Jusqu’à présent, à travers le choix de vos rôles, sulfureux, et encore dans Boarding Gate, vous n’avez pas vraiment donné de vous une image de fragilité, et même au contraire…
– Je ne suis pas aussi sûre de moi que je veux le montrer, pas aussi forte non plus. Je me suis inventé une image de guerrière pour me protéger. Avant, j’avais peur, je n’arrivais à être à l’aise nulle part. Et même encore maintenant : je suis allée au dernier Festival de Cannes avec trois films, Une vieille maîtresse, de Catherine Breillat, Boarding Gate et Go Go Tales, d’Abel Ferrara et, pour monter les marches, j’ai dû me composer une attitude, mais en réalité c’était très difficile pour moi. Aussi, je crois que cette image de guerrière m’a bel et bien sauvé la vie.